Cannes : en perquisitionnant chez un voleur de plaques d’égouts, la police découvre une trentaine de tortues Hermann, espèce protégée détenue illégalement.

Cannes : une trentaine de tortues protégées découvertes chez un voleur de plaques d’égouts
En perquisitionnant au domicile d’un homme soupçonné d’avoir dérobé des plaques d’égouts à Cannes, les policiers ont fait une découverte inattendue : une trentaine de tortues Hermann, espèce strictement protégée dont la détention est très encadrée par la loi.
Une enquête partie d’un vol de métaux
Tout commence par une série de signalements concernant la disparition de plaques d’égouts dans la ville de Cannes, rapporte Nice matin. La fonte de ces plaques se négocie facilement sur un marché parallèle, ce qui en fait une cible récurrente pour certains réseaux de recel. Les enquêteurs du Groupe d’Appui Judiciaire (GAJ) de Cannes se saisissent du dossier et multiplient les investigations.
Grâce à l’exploitation des images de vidéosurveillance, les policiers parviennent à identifier un suspect. Ce vendredi 31 juillet 2026, l’homme est interpellé et son domicile, situé à Cannes-la-Bocca, fait l’objet d’une perquisition.
Un enclos de tortues protégées dissimulé dans le jardin
Si le métal dérobé n’est plus retrouvé sur place, les policiers tombent sur un autre butin, bien vivant celui-ci : une trentaine de tortues des Maures, aussi appelées tortues Hermann, entassées dans un enclos grillagé installé dans le jardin. Les spécimens, de tailles et d’âges variés, semblent avoir été rassemblés là depuis un certain temps.
Interrogé sur l’origine de cet élevage improvisé, l’occupant des lieux évoque un héritage familial, affirmant que les tortues proviendraient de sa grand-mère. Une explication que les enquêteurs accueillent avec scepticisme, d’autant que la valeur marchande d’un seul spécimen peut atteindre plusieurs centaines d’euros selon son âge, son poids et son sexe.
Une espèce protégée, une détention très encadrée
La tortue Hermann, nommée en hommage au médecin naturaliste Jean Hermann, bénéficie d’un statut de protection stricte. Il est interdit de la capturer ou de la prélever à l’état sauvage. Un arrêté de 1985 avait même interdit sa vente, avant qu’une dérogation européenne n’autorise le commerce des spécimens nés en captivité.
La réglementation actuelle limite par ailleurs la détention par un particulier à six individus maximum, sauf à disposer d’une autorisation d’élevage d’agrément (AEA), document que le suspect n’était pas en mesure de présenter.
« La protection de la biodiversité fait partie des missions de la police »
Placé en garde à vue, l’homme a finalement été remis en liberté dans l’attente d’une convocation devant la justice. Il encourt une peine pouvant aller jusqu’à trois ans de prison et 150 000 euros d’amende pour détention illégale d’une espèce protégée.
Les tortues ont quant à elles été confiées au service vétérinaire des sapeurs-pompiers du SDIS 06, avant d’être remises à une association de protection animale.
Le syndicat Alliance 06 a tenu à souligner l’importance de ce type d’intervention, rappelant que « la protection de la biodiversité fait aussi partie des missions de la police nationale, qu’il s’agisse de lutter contre les trafics, de préserver les espèces protégées ou de faire respecter la loi ». Une mission qui prend un relief particulier alors que certaines zones forestières du Var, ravagées par les incendies, pourraient un jour accueillir ces tortues dans le cadre d’un programme de repeuplement.
Votre avis nous intéresse : rejoignez la communauté Police & Réalités et laissez un commentaire.
En savoir plus sur Police & Réalités
Subscribe to get the latest posts sent to your email.







