Relaxés grâce à une caméra-piéton, un père et son fils, militants CGT, étaient accusés d’avoir bousculé un policier à Pau le 10 septembre 2025.

Pau : deux militants CGT relaxés après un an de soupçons de violences sur un policier
Un père et son fils, syndicalistes CGT, étaient poursuivis pour avoir bousculé un policier lors du rassemblement “Bloquons Tout” du 10 septembre 2025 devant le Zénith de Pau. Le tribunal les a relaxés ce mardi 15 septembre, une caméra-piéton ayant établi leur innocence.
Une audience expéditive au tribunal de Pau
L’audience n’a duré qu’une vingtaine de minutes, relate ICI Béarn Bigorre. Le président du tribunal a rappelé les faits reprochés aux deux prévenus, avant que la procureure ne reconnaisse elle-même la fragilité du dossier. “On doit reconnaître nos erreurs”, a-t-elle admis à la barre.
Aucune preuve tangible n’établissait qu’Eric et Mickaël Forcellino, père et fils, avaient bousculé un policier ce matin du 10 septembre 2025, vers 5h30, sur le parking du Zénith de Pau. Les deux hommes participaient au premier rassemblement de la journée dans le cadre du mouvement anti-gouvernemental “Bloquons Tout”, non autorisé par la préfecture. Des CRS procédaient alors à des contrôles d’identité sur place.
La caméra-piéton, élément décisif du dossier
La situation avait basculé lorsqu’un automobiliste, refusant le contrôle, avait tenté de fuir au volant de son véhicule. En reculant, il avait manqué de renverser deux policiers, légèrement blessés. Dans la confusion qui a suivi, plusieurs manifestants proches des forces de l’ordre les avaient bousculées.
C’est dans ce contexte que les deux militants CGT avaient été interpellés. Lorsque le père, Eric, avait été maîtrisé par un policier, son fils Mickaël s’était approché et avait reçu du gaz lacrymogène.
Le procès, initialement prévu en mars 2026, avait été reporté à la demande de la défense, le temps de récupérer et d’analyser les images filmées par la caméra-piéton d’un des policiers présents. Ces images se sont révélées déterminantes. “Sur cette vidéo, on voit qu’Eric Forcellino se tient derrière la rangée de manifestants qui bouscule les forces de l’ordre. Il ne pousse pas lui-même les policiers, tout comme Mickaël Forcellino. Ils ne commettent aucune violence”, a détaillé le parquet, qui a requis la relaxe des deux hommes.
“On est passé pour des rebelles”
Sans même se retirer pour délibérer, le juge a suivi les réquisitions et prononcé la relaxe immédiate des deux prévenus. À sa sortie du tribunal, entouré d’une dizaine de militants CGT venus le soutenir, Mickaël Forcellino n’a pas caché son soulagement : “Maintenant, c’est fini. Comme quoi, c’est peut-être bien qu’il y ait des caméras un peu partout.”
Il a toutefois tenu à souligner le prix payé durant cette longue attente judiciaire : “Sans elle, on ne saurait pas ce qui aurait pu se passer. Mais ça n’enlève pas le fait que durant un an, on a mangé des réflexions, on est passé pour des rebelles auprès de collègues qui nous ont reconnus sur les images diffusées dans la presse. Cela aurait pu me nuire dans mon travail.”
Son père, Eric, garde également une certaine amertume face aux conséquences de cette affaire sur sa vie personnelle et professionnelle : “Des collègues de travail ont vu une photo de moi menotté. Ma famille m’a demandé ce qu’il s’était passé, ce que j’avais fait.” Le secrétaire adjoint de la CGT dans les Pyrénées-Atlantiques a confié avoir lui-même douté du déroulement exact des événements depuis le 10 septembre 2025, s’interrogeant sur son propre comportement ce jour-là. Il dit désormais ressentir “un poids en moins” et pouvoir “partir à la retraite tranquillement.”
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Dans tous les cas, certaines personnes de ce syndicat peuvent être violents. Je faisais partie du CCE de mon entreprise et je les ai vus à l’œuvre lors de réunion…
Soutien indéfectible à toutes nos FDO qui nous protègent et se font agresser, c’est inadmissible..