Jura : une mère de 26 ans a enlevé son bébé de deux mois, positif à la cocaïne et au cannabis, en pleine nuit à l’hôpital de Dole. Elle est condamnée.

Jura : elle enlève son bébé positif à la cocaïne et au cannabis en pleine nuit à l’hôpital de Dole
Une jeune femme de 26 ans a comparu ce lundi devant le tribunal correctionnel de Lons-le-Saunier pour soustraction d’enfant par ascendant. Elle avait enlevé sa fille de deux mois, alors placée sous ordonnance de placement provisoire à l’hôpital de Dole après un dépistage positif à la cocaïne et au cannabis.
Une hospitalisation qui tourne au signalement
Le 3 septembre, la jeune mère conduit son bébé à l’hôpital de Dole, inquiète de vomissements répétés, relate Le Progrès. La fillette, née prématurée avec un poids de 1,9 kg, ne présente alors aucun signe alarmant selon la défense. Quatre jours plus tard, le pédiatre détecte des traces de cocaïne et de cannabis dans les urines de la nourrissonne. Le parquet prononce immédiatement une ordonnance de placement provisoire.
Devant le tribunal, la prévenue reconnaît une consommation régulière de cocaïne, “trois fois par semaine”, tout en affirmant avoir cessé le cannabis. Elle se défend d’avoir mis sa fille en danger : “Je me suis toujours lavé les mains et le visage, je ne touchais pas mon enfant avec les mains sales.” Une version contredite à l’audience, un témoin affirmant l’avoir vue consommer en présence du bébé.
Une évasion nocturne avec la complicité d’un tiers
Le 10 septembre, vers 3 heures du matin, la jeune femme revient à l’hôpital en larmes, réclamant de voir son enfant. Profitant d’un instant d’inattention du personnel soignant, elle quitte l’établissement avec le nourrisson dissimulé sous sa veste, après avoir enjambé une barrière. Un homme qu’elle fréquente depuis un mois, rencontré sur les réseaux sociaux et ancien toxicomane sous traitement de substitution, l’aide dans sa fuite. Il expliquera son geste par la conviction qu’“une mère doit être avec sa fille”.
La gendarmerie active un dispositif de géolocalisation téléphonique et localise rapidement le couple, qui s’était réfugié successivement à Amange puis Orchamps, chez une connaissance. Le tribunal a souligné la gravité de la situation : “On a frôlé l’alerte enlèvement.” Un pistolet Beretta 9 mm, découvert dans le sac du complice, reste à ce jour inexpliqué.
Un projet de fuite selon le parquet
Le ministère public estime que la jeune femme, déjà mère d’un enfant de 3 ans, avait planifié son enlèvement, envisageant un changement d’identité et un possible départ à l’étranger, éventuellement en Tunisie où réside le père du bébé. Une hypothèse que la prévenue balaie, évoquant un père qui “ne fait que m’insulter sur WhatsApp”.
La procureure a rappelé la qualification initiale des faits : “Au départ de l’infraction, c’est une séquestration. Vous risquiez 30 ans. Mais vous êtes poursuivie pour soustraction, la peine est d’un an.” L’avocate de la prévenue a, elle, plaidé un geste impulsif, rappelant le parcours difficile de sa cliente, elle-même ancienne enfant placée en foyer.
Dix mois de prison, dont cinq avec sursis probatoire
Interrogée sur ses intentions, la jeune femme a répondu vouloir “rester avec ma fille”, affirmant que “mon enfant a besoin de moi et moi j’ai besoin d’elle”. Une réponse à laquelle le tribunal a opposé un rappel sans détour : “Votre enfant a surtout besoin de sécurité.”
Déjà connue de la justice avec dix condamnations à son casier, majoritairement liées à sa dépendance aux stupéfiants, la prévenue a été condamnée à dix mois de prison, dont cinq mois de sursis probatoire renforcé, avec maintien en détention. Elle devra suivre des soins et exercer une activité professionnelle durant son sursis, et verser 1 000 euros de dommages et intérêts. Son complice a été condamné à huit mois de sursis, avec interdiction de contact avec la victime et interdiction de port d’arme.
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Il n’est pas rare que les psychotropes passes du sang de la mère dans le bébé à naitre et qui vint au monde avec ces substances. Le faible poids, la prématurité, sans être des preuves d’intoxication, n’en sont pas moins des indices qui mettent les policiers sur la voie!