Le tribunal administratif de Paris annule les arrêtés d’expulsion visant l’influenceur algérien Doualemn, assigné à résidence à Montpellier depuis 2025.

Doualemn : le tribunal administratif annule les arrêtés d’expulsion de l’influenceur algérien
Le tribunal administratif de Paris a annulé, ce vendredi 19 septembre, les arrêtés d’expulsion visant l’influenceur algérien Boualem Naman, plus connu sous le pseudonyme Doualemn. Une décision qui met fin, du moins provisoirement, à un feuilleton judiciaire entamé au printemps 2025.
Une procédure lancée après un signalement
Boualem Naman, agent de nettoyage algérien de 60 ans, s’est fait connaître sur TikTok sous le nom de Doualemn, relate BFMTV . Son arrêté d’expulsion, signé le 14 mars 2025, faisait suite à un signalement du maire de Montpellier et du préfet de l’Hérault. Les autorités locales lui reprochaient d’avoir diffusé un live dans lequel il appelait à “donner une sévère correction” à un opposant au régime algérien.
Condamné en première instance à cinq mois de prison avec sursis pour “provocation non suivie d’effet à commettre un crime ou un délit”, il a vu cette peine confirmée en appel en juillet dernier. Devant les juges, l’homme s’était présenté comme une “victime collatérale” des tensions diplomatiques entre Paris et Alger, contestant à la fois le statut d’influenceur qu’on lui prêtait et toute intention d’inciter à la violence.
Un an d’assignation à résidence à Montpellier
Après sa condamnation, Boualem Naman avait été placé en centre de rétention administrative en vue de son expulsion vers l’Algérie. Mais les autorités algériennes avaient refusé de l’accueillir sur leur territoire, le renvoyant vers la France. Faute d’accord trouvé entre les deux gouvernements, il était ressorti libre après trois mois de rétention, avant d’être assigné à résidence à Montpellier, où il vit depuis plus d’un an.
Son avocate, Me Vanessa Edberg, contestait cette assignation, la jugeant disproportionnée compte tenu de l’impasse diplomatique. Le 3 septembre, le rapporteur public avait d’ailleurs demandé au tribunal la restitution du titre de séjour de son client ainsi que l’annulation pure et simple des arrêtés d’expulsion.
Une décision qui pourrait rebattre les cartes
En suivant les conclusions du rapporteur public, le tribunal administratif de Paris met un terme à la procédure d’expulsion engagée contre Doualemn. Cette annulation ouvre la voie à une possible restitution de son titre de séjour, et pourrait mettre fin à l’assignation à résidence qu’il subit depuis plus d’un an à Montpellier. L’affaire illustre les difficultés récurrentes que rencontre la France pour organiser des expulsions vers l’Algérie lorsque Alger refuse d’accueillir ses ressortissants.
Votre avis nous intéresse : rejoignez la communauté Police & Réalités et laissez un commentaire.
En savoir plus sur Police & Réalités
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
