Un policier filmé jetant un homme au sol à Carcassonne est placé sous contrôle judiciaire et interdit d’exercer avant son procès prévu en novembre.

Vidéo d’un homme violemment jeté au sol à Carcassonne : le policier mis en cause placé sous contrôle judiciaire
Le fonctionnaire de police visé par une vidéo montrant un jeune homme projeté au sol lors de la fête de la musique a été entendu par l’IGPN ce vendredi 25 septembre, avant d’être placé sous contrôle judiciaire avec interdiction d’exercer jusqu’à son procès.
Une garde à vue dix jours après la saisine de l’IGPN
Un peu plus de dix jours après la saisine de l’Inspection générale de la police nationale par la procureure de Carcassonne, Géraldine Labialle, le policier mis en cause a été placé en garde à vue ce vendredi 25 septembre, relate L’Indépendant. Entendu par les enquêteurs de l’IGPN à Narbonne, il a ensuite été déféré devant le parquet de Carcassonne.
À l’issue de cette présentation, le parquet a requis son placement sous contrôle judiciaire ainsi qu’une interdiction d’exercer dans l’attente de l’audience. Le juge des libertés et de la détention a suivi ces réquisitions et prononcé les deux mesures jusqu’à la tenue du procès.
Une enquête ouverte pour violences volontaires
Cette décision s’inscrit dans le cadre d’une enquête ouverte pour des faits de violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique. Le parquet de Carcassonne avait saisi l’antenne marseillaise de l’IGPN le dimanche 13 septembre, après la diffusion massive sur les réseaux sociaux d’une vidéo tournée le 21 juin dernier.
Sur ces images, un jeune homme est projeté au sol par le fonctionnaire, qui intervenait alors dans le cadre de faits d’outrage, de rébellion et de violences volontaires sur personnes dépositaires de l’autorité publique. Le jeune homme n’avait pas été interpellé à l’issue de cette intervention et n’avait pas déposé plainte.
Un décès sans lien de causalité établi
Le jeune homme avait été retrouvé en arrêt cardiaque le 3 juillet, soit treize jours après les faits, sur son campement. L’autopsie réalisée le 9 juillet n’avait pas révélé de lésion traumatique suspecte permettant de retenir l’intervention d’un tiers. Selon le parquet, les conclusions médico-légales privilégiaient une cause toxique, au regard de ses antécédents connus de polytoxicomanie.
Le ministère public avait précisé, lors de l’ouverture de l’enquête, qu’en l’état des investigations, aucun lien de causalité n’était établi entre les faits filmés et le décès.
Le syndicat Unité Police 11 dénonce une décision “injuste”
Les suites judiciaires données à cette affaire suscitent la colère du syndicat Unité Police 11. Hedi Baouia, secrétaire départemental, exprime “sa profonde indignation” après le défèrement et l’interdiction d’exercer visant le fonctionnaire. Il dénonce “deux poids deux mesures”, rappelant qu’un homme ayant blessé trois fonctionnaires de la BAC n’avait écopé que d’un stage de citoyenneté.
Le représentant syndical souligne que “pendant que les policiers prennent des risques chaque jour pour protéger la population, ils ont le sentiment d’être de moins en moins soutenus”. Il indique envisager une action “pour manifester notre mécontentement”.
Le policier comparaîtra le 6 novembre prochain devant le tribunal correctionnel de Carcassonne pour répondre de violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique.
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