Saint-Denis : l’IGPN enquête après la plainte de l’élu LFI Landry Ngang, qui dit avoir été gazé par un policier le 18 octobre en marge des manifestations.

Saint-Denis : l’IGPN saisie après la plainte d’un adjoint LFI au maire qui dit avoir été gazé par un policier
Le parquet de Bobigny a annoncé l’ouverture d’une enquête confiée à l’IGPN. Elle fait suite à la plainte de Landry Ngang, adjoint au maire LFI de Saint-Denis. L’élu affirme avoir été poussé puis aspergé de gaz lacrymogène au visage, le 18 octobre, près d’un magasin pillé.
Une enquête confiée à la « police des polices »
Le parquet de Bobigny a indiqué, jeudi 29 octobre, qu’une enquête avait été ouverte et confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), relate Europe 1. Il n’a pas précisé le motif de cette procédure.
Elle fait suite à une plainte déposée le mardi 27 octobre par Landry Ngang. Il est adjoint au maire LFI de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), chargé des finances et des partenariats publics, auprès du maire Bally Bagayoko. La plainte a été adressée au parquet de Bobigny et à l’IGPN.
Les faits dénoncés dans la plainte
La qualification retenue dans la plainte est celle de « violences volontaires commises par une personne dépositaire de l’autorité publique avec usage d’une arme sur personne dépositaire de l’autorité publique ». L’élu vise un policier. Il en désigne un second comme l’auteur présumé de la projection de gaz lacrymogène.
Selon son récit, Landry Ngang se trouvait dans la soirée du dimanche 18 octobre aux abords d’un magasin de vêtements de sport. Le commerce était alors victime d’un pillage, au cours d’un week-end de mobilisation marqué par des violences. Muni de sa carte d’élu, il dit être resté sur place pour tenter d’apaiser la situation. Il dit avoir demandé à des jeunes de quitter les lieux et avoir voulu observer l’intervention des forces de l’ordre. Il affirme qu’il n’entravait en rien leur action.
Une vidéo au cœur du dossier
Une vidéo a circulé sur les réseaux sociaux. Elle a été filmée depuis l’étage d’un immeuble de Saint-Denis. On y entend l’élu crier « je suis adjoint au maire ». Il est ensuite aspergé de gaz lacrymogène, avec une bombe tenue près de son visage. Une voix semble prononcer les mots « Nique-le ! ». Landry Ngang mentionne ce détail dans ses plaintes.
Son avocat, Me Pierre Brunisso, a détaillé la version de son client dans un communiqué publié mardi. L’élu aurait « à de nombreuses reprises et à voix haute » rappelé sa qualité d’adjoint au maire. Il aurait ensuite été poussé par un fonctionnaire de police. Un second fonctionnaire l’aurait aspergé « à bout portant » de gaz lacrymogène au visage, « de manière illégitime ».
Des dizaines de procédures ouvertes à l’IGPN
Au 29 octobre, 105 enquêtes avaient été ouvertes auprès de l’IGPN concernant les manifestations lycéennes et celles des deux derniers week-ends, les 17 et 24 octobre.
À ce stade, l’enquête vise à établir les circonstances exactes de l’intervention. Les faits rapportés reposent sur la version du plaignant et sur des images dont le contexte devra être précisé. Les policiers concernés bénéficient de la présomption d’innocence.
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