Il ignorait avoir une fille : ce père de l’Oise la retrouve fin 2025. Le premier séjour chez lui vire à l’agression sexuelle. Condamné, il portera un bracelet électronique.

Oise : un père condamné à porter un bracelet électronique pour avoir agressé sexuellement sa fille de 15 ans, qu’il venait de retrouver
Habitant d’un village du sud de l’Oise, cet homme de 36 ans ignorait avoir une fille. Lorsque l’adolescente l’a contacté fin 2025, elle espérait y trouver un soutien. Son premier séjour chez lui s’est transformé en épreuve. Le tribunal de Senlis l’a jugé ce 2 novembre.
Un père longtemps resté dans l’ignorance
Devant les juges de Senlis, le prévenu, un homme corpulent, a répété sa honte à plusieurs reprises. Il comparaissait pour agression sexuelle incestueuse sur une mineure de 15 ans, rapporte Le Parisien.
Pendant des années, il n’a pas su qu’il avait une enfant. Une première tentative de prise de contact, alors que la fillette avait sept ans, n’avait pas abouti. Fin 2025, devenue adolescente, elle a de nouveau voulu rencontrer son père biologique.
Une adolescente en grande fragilité
La jeune fille avait déjà traversé de lourdes épreuves : les violences d’un beau-père, du harcèlement scolaire, des scarifications et des tentatives de suicide. Elle espérait trouver auprès de ce père inconnu un peu de réconfort.
Le premier contact, organisé en présence de la famille, s’était pourtant bien passé. C’est lors du premier séjour de l’adolescente chez lui que la situation a basculé.
Des gestes et des messages déplacés
Selon les faits examinés à l’audience, le père a embrassé et caressé sa fille, avant de lui imposer des attouchements. Il lui a même demandé d’être en couple avec lui.
À l’issue de ce séjour, l’adolescente a fait une nouvelle tentative de suicide. Elle a ensuite raconté les faits à sa mère, qui a aussitôt déposé plainte.
Entre-temps, le prévenu avait envoyé à sa fille des messages empreints de sentiments amoureux. Il lui avait aussi demandé de ne rien dire et de cesser de parler à des garçons de son âge.
À l’audience, des regrets jugés insuffisants
La présidente lui a demandé s’il avait pris sa fille pour sa compagne. Après un silence gêné, il a répondu : « Peut-être, sur le moment. »
La jeune victime, présente dans la salle, n’a pas souhaité s’exprimer. Son avocate, Me Margaux Bouquet, qui représente aussi la mère, a décrit une adolescente qui « cherchait un père » et a trouvé un homme qui voulait devenir son petit ami. Selon elle, il lui a « volé l’espoir d’avoir un père ».
Le ministère public a reconnu que le prévenu admettait l’essentiel des faits. La substitute du procureur s’est toutefois dite inquiète de son discours, estimant qu’il peine à mesurer la gravité de ses actes.
La défense plaide l’absence de repères paternels
Me Émilie Rebourcet, avocate du prévenu, n’a pas minimisé la souffrance de la victime. Elle a expliqué que son client ne sait pas ce que signifie être père, car il n’en a jamais eu lui-même. Selon elle, il mesure désormais l’impact de ses actes et sait qu’il a perdu sa fille définitivement.
Douze mois ferme et un suivi de trois ans
Le tribunal a condamné l’homme à douze mois de prison ferme, à purger sous bracelet électronique. Il est aussi placé sous suivi socio-judiciaire pendant trois ans.
Il lui est interdit d’entrer en contact avec sa fille. Il lui est également interdit, de façon définitive, d’exercer toute activité en lien avec des mineurs.
Votre avis nous intéresse : rejoignez la communauté Police & Réalités et laissez un commentaire.
En savoir plus sur Police & Réalités
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
