À peine arrivé en France, un migrant clandestin palestinien a poignardé un compatriote à Barbès. Jugé à Paris, il écope de 18 mois de prison avec sursis. Une décision qui suscite l’incompréhension.

Un Palestinien en situation irrégulière poignarde un compatriote à Barbès : il ressort libre avec 18 mois de sursis
Paris, 16 juillet 2025 – À peine débarqué en France quelques heures plus tôt, un jeune homme de 21 ans, originaire de Gaza, a été interpellé pour avoir poignardé un compatriote dans le dos, en pleine rue, dans le quartier Barbès-La Chapelle (18e arrondissement). Les faits se sont déroulés le dimanche 13 juillet, aux alentours de 22h.
Ce soir-là , selon les informations de Valeurs actuelles, une rixe éclate entre plusieurs migrants en situation irrégulière. Au cours de l’altercation, l’un des individus sort un couteau et blesse grièvement un autre homme, lui aussi Palestinien. La victime, touchée à l’omoplate, est transportée en urgence à l’hôpital Lariboisière. Son pronostic vital est un temps engagé. Faute de présentation aux Unités médico-judiciaires (UMJ), aucune incapacité totale de travail (ITT) n’a pu être formellement constatée.
D’abord considéré comme une tentative d’homicide, le dossier a finalement été requalifié en violences volontaires sans ITT, relevant ainsi du tribunal correctionnel.
Un parcours migratoire complexe
Le suspect a rapidement été interpellé par la police. En garde à vue, il a reconnu les faits, affirmant avoir agi en légitime défense. Il aurait été agressé par un groupe de compatriotes qui l’auraient pris pour un Égyptien, en raison de son accent. Selon ses déclarations, il visait initialement le bras, non le dos.
Originaire de Gaza, il dit avoir quitté le territoire palestinien en mai 2023, avant de passer par la Turquie, puis la Grèce, où il serait resté plus de deux ans. Son périple migratoire l’a ensuite mené aux Pays-Bas, en Belgique, en Allemagne, puis en France – dernière étape avant son objectif final : le Royaume-Uni.
Son casier judiciaire étant vierge, le prévenu a expliqué qu’il circulait librement en Europe, bien qu’en situation irrégulière. À l’issue de l’audience, son avocat – commis d’office – a souligné qu’il avait lui-même reçu cinq jours d’ITT lors de la bagarre.
Le parquet demandait l’emprisonnement ferme
Le ministère public, pour sa part, a écarté toute notion de légitime défense, rappelant que le coup avait été porté dans le dos de la victime. Le procureur a requis trois ans de prison ferme avec mandat de dépôt, assortis d’une interdiction du territoire français. Il a également précisé que la préfecture avait demandé le placement du mis en cause en centre de rétention administrative (CRA).
Contre toute attente, le tribunal a prononcé une peine de 18 mois de prison entièrement assortis du sursis, permettant ainsi au prévenu de ressortir libre.
(Merci Fabrice Guérault)
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