En 2025, 160 policiers ont déjà été agressés en dehors de leurs heures de service. Passés à tabac à Reims, ou frappés devant leur domicile, les fonctionnaires décrivent une montée de la violence et un malaise grandissant.

Une recrudescence inquiétante des violences contre les policiers
Passés à tabac à Reims ou même frappés devant chez eux : les policiers ne se sentent plus en sécurité, y compris en civil. Selon le Groupe d’assistance aux policiers victimes, 160 fonctionnaires ont été agressés en dehors de leur service depuis le début de l’année 2025, rapporte Le JDD.
Ce phénomène, longtemps resté discret, alimente désormais une profonde inquiétude dans les rangs des forces de l’ordre.
Reims : une agression qui choque l’opinion
Samedi 13 septembre au soir à Reims, sept policiers réunis dans un restaurant ont été violemment agressés par une dizaine d’individus. Reconnaissant les fonctionnaires lors d’une intervention plus tôt dans la journée, les agresseurs les ont frappés, certains avec une ceinture. La scène, filmée, témoigne d’une extrême violence. Six agents ont reçu des ITT allant de 4 à 28 jours.
La peur au quotidien, jusque devant chez soi
La crainte d’être pris à partie hors service s’installe durablement. Le JDD a notamment révélé la plainte d’un policier agressé devant son domicile, en présence de son fils mineur, après avoir refusé une cigarette. Battu à coups de poing, il souffre de multiples fractures au visage. Son enfant a lui aussi été frappé. L’agresseur, un voisin alcoolisé, a été interpellé. Le fonctionnaire a demandé la protection fonctionnelle de l’État par crainte de représailles.
Des syndicats en colère face aux décisions de justice
Dans plusieurs dossiers, les suites judiciaires provoquent la colère des syndicats policiers. Après l’agression d’un policier de la BAC lors d’une interpellation à Tourcoing, deux jeunes de 17 et 19 ans, considérés comme les principaux auteurs des violences, ont été très rapidement libérés sous contrôle judiciaire par un juge des libertés et de la détention (JLD). Une décision qui a suscité une forte indignation.
Le ministre de la Justice démissionnaire, Gérald Darmanin, a dénoncé une « loi obsolète » et plaidé pour l’instauration de peines minimales de prison ferme exécutées immédiatement contre toute personne agressant un policier, gendarme, pompier, soignant, élu ou magistrat.
Une violence en hausse et une « culture anti-police » dénoncée
Selon la chancellerie, plus de 10 000 individus ont été mis en cause en 2024 pour violences envers des dépositaires de l’autorité publique, contre près de 12 500 en 2023. Mais les syndicats rappellent que ces statistiques ne reflètent pas l’intensité croissante des agressions.
Du côté du ministère de l’Intérieur, certains accusent des mouvements politiques de banaliser une « culture anti-police » qui alimente ce climat. Dans l’entourage de Bruno Retailleau, on évoque même « un problème de civilisation plus qu’un problème d’ordre public », face à des jeunes délinquants « qui n’ont plus peur de la prison ».
Une profession au bord de l’implosion
Entre colère et sentiment d’abandon, les policiers redoutent une escalade de la violence. Les syndicats réclament des réformes rapides et une protection judiciaire renforcée pour enrayer cette spirale. « Tout le monde est en colère, on est à deux doigts de l’explosion », confie un responsable d’un centre d’information et de commandement en Île-de-France.
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