À Montpellier, Jorge Martins Correia, 52 ans, est jugé pour viols et abus de faiblesse. Fondateur de la communauté de l’Athanor, il prônait polyamour et usage de drogues comme le LSD. Plusieurs ex-adeptes témoignent aujourd’hui de leur descente aux enfers.

Un procès hors du commun à Montpellier
Depuis mardi, selon les informations du Parisien, la cour criminelle de l’Hérault juge Jorge Martins Correia, 52 ans. Cet homme, sans diplôme mais se présentant comme psychothérapeute, est poursuivi pour viols et abus de faiblesse, des faits qu’il conteste. Il est accusé d’avoir mis en place un système d’emprise au sein d’une communauté baptisée l’Athanor, installée dans le centre historique de Montpellier.
Selon les témoignages, l’accusé y enseignait le polyamour tout en proposant des séances accompagnées de LSD ou de MDMA, drogues psychotropes qu’il présentait comme des outils de “libération émotionnelle”.
Les témoignages glaçants des ex-adeptes
À la barre, plusieurs anciens membres sont revenus sur leurs expériences. Céline (prénom modifié), étudiante à l’époque, raconte avoir participé à une séance de massage organisée par Correia et sa compagne. La soirée aurait dégénéré : consommation de stupéfiants, rapports sexuels imposés, et une emprise psychologique constante.
« J’avais l’impression qu’on pouvait faire ce qu’on voulait de moi », a-t-elle confié, évoquant des abus répétés et le fait que l’accusé lui demandait de l’appeler “papa” pendant les rapports.
Son compagnon de l’époque, Laurent (prénom modifié), témoigne lui aussi. C’est lui qui l’avait introduite dans la communauté. Aujourd’hui rongé par la culpabilité, il explique avoir cédé à la pression du gourou et participé à des pratiques sexuelles qu’il n’aurait jamais acceptées en temps normal. « Avec le recul, je me dis que j’étais sous emprise. J’ai laissé ma copine se faire abuser devant moi », a-t-il déclaré, en larmes.
Un système décrit comme sectaire
Selon les parties civiles, Jorge Martins Correia ciblait de jeunes adultes fragiles, souvent étudiants, pour mieux les manipuler. Plusieurs adeptes affirment avoir été poussés à se tatouer des symboles en signe d’allégeance, notamment le mot amour en arabe ou encore l’initiale “J” comme Jorge.
Certains décrivent également des humiliations violentes, des agressions sous drogue, et une peur constante de quitter la communauté.
« C’était un système sectaire », résume Laurent, qui affirme avoir été détruit psychologiquement.
D’autres accusations en cours d’examen
Outre ces témoignages, la cour examine aussi les plaintes déposées par deux anciennes belles-filles de l’accusé, qui affirment avoir subi des attouchements alors qu’elles étaient mineures.
Verdict attendu le 30 septembre
L’affaire, particulièrement sensible, soulève de nombreuses questions sur l’emprise psychologique et les dérives sectaires. Le verdict de la cour criminelle de l’Hérault est attendu le 30 septembre.
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