Un nouveau système de contrôle obligatoire des antécédents judiciaires a révélé que plus de 1700 personnes en poste dans la protection et la petite enfance étaient condamnées et ne pouvaient pas travailler auprès des enfants.

Un dispositif inédit pour protéger les enfants
Depuis mercredi, un nouveau dispositif de contrôle de l’honorabilité des professionnels et bénévoles travaillant auprès des enfants est généralisé à l’échelle nationale, rapporte Le Figaro. Désormais, toute personne exerçant dans la Protection de l’enfance ou la Petite enfance doit fournir à son employeur une attestation garantissant l’absence de condamnation incompatible avec ces missions sensibles.
Cette attestation, délivrée via une plateforme numérique, certifie que le demandeur n’est pas inscrit au Fijais (fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles et violentes) et ne présente aucune condamnation au casier judiciaire l’empêchant de travailler avec des mineurs.
Des chiffres alarmants : plus de 1700 personnes identifiées
Selon les données officielles, 1733 professionnels et bénévoles ont été recalés, soit près de 1% des effectifs dans la protection de l’enfance. Parmi eux, 80% travaillaient déjà au contact d’enfants.
La Haute-Commissaire à l’Enfance, Sarah El-Haïry, a qualifié ces résultats de « chiffres glaçants », soulignant que certains étaient condamnés pour détention d’images pédocriminelles, une infraction associée à un risque élevé de passage à l’acte.
« La protection des enfants commence par le contrôle des personnes qui les entourent », a insisté Sarah El-Haïry, rappelant que même les adolescents de plus de 13 ans vivant chez des assistants maternels ou familiaux seront désormais concernés par ces vérifications.
Un outil salué par les professionnels
Les responsables d’établissements et associations accueillant des mineurs se disent rassurés par ce dispositif.
Pour Pierre-Alain Sarthou, directeur général de la Cnape, fédération regroupant 180 associations de protection de l’enfance, il s’agit d’une avancée cruciale : « Cela va protéger les enfants, mais aussi l’image des services, tout en simplifiant les procédures pour les directeurs d’établissements. » Adrien Morfoisse, responsable de l’association Chanteclerc, en Mayenne, estime que ce contrôle est « une très bonne nouvelle » et « freine les personnes mal intentionnées ». Dans le secteur de la petite enfance, Elsa Hervy, déléguée générale de la Fédération française des entreprises de crèches, juge le système « pratique, rapide et fiable ».
Vers une extension progressive du contrĂ´le
Déjà expérimentée dans 29 départements depuis 2024, la plateforme a permis de délivrer 342 000 attestations. Désormais, un million de professionnels seront contrôlés.
À l’horizon 2026, ce dispositif pourrait être élargi : aux candidats à l’adoption, aux professionnels du secteur du handicap, puis aux intervenants auprès des personnes âgées.
Pour les cas problématiques, les employeurs sont tenus d’engager une procédure de licenciement pour motif personnel.
Une étape décisive dans la lutte contre la pédocriminalité
Ce contrôle systématique constitue une barrière supplémentaire contre les prédateurs sexuels, renforçant la confiance dans les institutions chargées de protéger les enfants.
Comme l’a rappelé Sarah El-Haïry :
« Des individus condamnés reviennent souvent au contact des enfants pour en abuser. Désormais, nous avons un outil efficace pour les en empêcher. »
(Merci Laurent B.)
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