Un jeune réfugié bangladais de 20 ans, pris d’un « délire mystique » après avoir consommé du cannabis, a agressé, en hurlant « allah akbar », une femme et deux hommes à Orthez le 15 août. Jugé à Pau, il a été condamné à six mois de bracelet électronique et six mois de sursis. Le parquet a fait appel.

Une agression d’une rare violence sur la place du Foirail
Le 15 août 2025, une scène d’une grande brutalité a secoué le centre d’Orthez (Pyrénées-Atlantiques).
Selon les informations de Sud-ouest, un jeune réfugié de 20 ans, originaire du Bangladesh, a soudainement agressé plusieurs passants sur la place du Foirail, dont une jeune femme qui s’apprêtait à reprendre sa voiture après un retrait d’argent.
Selon les témoins, l’homme, pieds nus et visiblement désorienté, a saisi violemment la victime au niveau des épaules et du cou. « Un médecin a constaté des hématomes au niveau des clavicules, preuve de la force exercée », a précisé l’avocat de la plaignante.
Secourue par des passants, la jeune femme a pu s’échapper, mais plusieurs personnes sont intervenues pour tenter de maîtriser l’agresseur. Deux d’entre elles ont été mordues — un adolescent de 17 ans à la cheville et un homme à l’avant-bras.
Les témoins décrivent un individu en état d’excitation extrême, tenant des propos religieux et criant « Allah Akbar ». Selon sa défense, ces mots n’avaient aucune connotation menaçante : « Il ne voulait pas tuer, il demandait pardon à Dieu », a plaidé son avocate.
Un comportement inquiétant déjà signalé avant les faits
Le mis en cause, arrivé en France vers 2020 en tant que mineur isolé réfugié, s’était jusque-là bien intégré à Orthez, où il travaillait comme couturier dans l’entreprise Tissus Moutet. Mais ses collègues avaient remarqué un changement de comportement quelques jours avant les faits.
Le 11 août, soit quatre jours avant l’agression, il avait suivi une femme de ménage, la saisissant par les poignets. L’épisode, jugé préoccupant par son employeur, avait conduit à un avertissement disciplinaire et à la suggestion d’une hospitalisation. Aucune mesure médicale n’avait toutefois été mise en œuvre avant le drame.
Un « délire mystique » sous l’effet du cannabis
Lors de son audience, le prévenu — assisté d’un traducteur — a déclaré ne plus se souvenir des agressions. L’expertise psychiatrique évoque un « délire mystique » déclenché par la consommation de cannabis, avec altération du discernement au moment des faits.
« Il considérait les femmes approchées comme étant Dieu, à qui il voulait demander pardon pour ne pas avoir assez prié », a expliqué son avocate.
Le tribunal correctionnel de Pau a retenu les circonstances atténuantes liées à son état mental.
Six mois de bracelet électronique et sursis probatoire
Le jeudi 9 octobre 2025, le tribunal judiciaire de Pau l’a condamné à :
six mois de prison avec sursis probatoire pendant deux ans, six mois de détention sous bracelet électronique, une obligation de soins psychiatriques, une obligation de travail, et l’indemnisation de la victime.
Le parquet a toutefois fait appel de cette décision, estimant la peine insuffisante au regard de la gravité des faits et du traumatisme subi par la jeune femme.
Un été marqué par des violences inexpliquées
L’affaire, qui a profondément choqué les habitants d’Orthez, soulève une nouvelle fois la question de la prise en charge psychiatrique des auteurs de violences sous l’emprise de stupéfiants.
Elle met aussi en lumière les zones grises du discernement dans le cadre d’actes violents commis lors d’états de délire — entre responsabilité pénale et troubles mentaux.
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