Deux individus ont été mis en examen à Paris pour avoir diffusé sur Telegram un message promettant 100 000 euros à quiconque assassinerait un juge d’instruction francilien. L’affaire, liée à la DZ Mafia, a conduit à une enquête de la Junalco et à la mise sous protection du magistrat visé.

Un appel au meurtre diffusé sur Telegram
En mars dernier, un message glaçant est apparu sur une boucle Telegram suivie par plusieurs milliers d’abonnés.
Intitulé « Contrat de 100 k sur sa tête », le post promettait 100 000 euros à quiconque assassinerait un juge d’instruction de la région parisienne.
Le texte, accompagné du nom et de la photo du magistrat, émanait d’un groupe se revendiquant de la « DZ Mafia ».
L’annonce, repérée sur la chaîne « Brozer Mafia », suivie par environ 5 000 personnes, affirmait vouloir rémunérer le passage à l’acte.
Face à la gravité du message, le parquet de Paris a immédiatement saisi la Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée (Junalco), déclenchant une enquête de grande ampleur.
Une enquête confiée aux offices spécialisés
L’enquête a été confiée à l’Office anti-cybercriminalité (Ofac) et à l’Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO).
Le juge visé a été placé sous protection dès la révélation des menaces.
Après plusieurs mois d’investigations numériques et de recoupements, les enquêteurs ont réussi à identifier deux suspects, âgés de 21 et 36 ans, tous deux nés au Brésil.
Selon les éléments de France Info, ces individus auraient déjà été mis en examen par le magistrat visé, dans le cadre d’une affaire de proxénétisme.
Deux hommes écroués pour association de malfaiteurs
Le lundi 13 octobre, les deux suspects ont été mis en examen pour association de malfaiteurs en vue de commettre un assassinat, un crime puni de 10 ans d’emprisonnement et de 150 000 euros d’amende, ainsi que pour administration d’une plateforme en ligne destinée à des transactions illicites en bande organisée, passible de 10 ans de prison et 1 million d’euros d’amende.
Tous deux ont été placés en détention provisoire, a confirmé le parquet de Paris.
D’après les premiers éléments de l’enquête, le plus jeune des deux serait l’instigateur du projet, tandis que le plus âgé serait l’administrateur de la chaîne Telegram sur laquelle le message a été diffusé.
Des menaces jugées « extrêmement sérieuses »
Pour la procureure de la République de Paris, Laure Beccuau, ces menaces ne sont pas à prendre à la légère :
« Ces intimidations sont prises très au sérieux, compte tenu du profil des personnes impliquées, connues pour leur capacité à recourir à une violence extrême et disproportionnée. »
La magistrate a rappelé que les juges traitant des affaires de criminalité organisée sont régulièrement confrontés à de telles tentatives de pression.
« Lorsqu’un juge est menacé, c’est l’État lui-même, ainsi que les institutions garantes de la démocratie, qui sont visés », a-t-elle souligné, avant d’ajouter :
« De telles exactions ne font que renforcer notre détermination à lutter contre la criminalité organisée. »
Une tentative d’intimidation contre l’institution judiciaire
Cette affaire illustre la montée des menaces contre les magistrats, en particulier ceux impliqués dans des dossiers de crime organisé ou de trafic international.
La diffusion de messages violents sur des plateformes cryptées comme Telegram devient un nouvel outil d’intimidation utilisé par certains réseaux criminels.
Le parquet de Paris et la Junalco entendent poursuivre leur travail de démantèlement de ces canaux numériques dédiés à la diffusion d’appels à la violence.
(Merci Fabrice Guérault)
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