Le candidat Pierre-Nicolas Nups, poursuivi pour incitation à la haine raciale après la diffusion d’une affiche « Donnons un avenir aux enfants blancs », a été relaxé par le tribunal correctionnel de Nancy. Le parquet, qui avait requis une amende et trois ans d’inéligibilité, pourrait faire appel.

Un procès sensible sur fond d’accusation de haine raciale
Le tribunal correctionnel de Nancy a prononcé, ce vendredi, la relaxe de Pierre-Nicolas Nups, candidat aux législatives 2024, ainsi que de deux militants du Parti de la France, relate Le Parisien.
Tous trois étaient poursuivis pour incitation à la haine raciale après la diffusion d’une affiche de campagne représentant un enfant blond aux yeux bleus, accompagnée du slogan :
« Donnons un avenir aux enfants blancs ».
Cette campagne, menée dans la 5ᵉ circonscription de Meurthe-et-Moselle, notamment à Neuves-Maisons, avait suscité une polémique et conduit à plusieurs plaintes, notamment de la Licra Nancy, de SOS Racisme et du maire de la commune, Pascal Schneider.
Une décision fondée sur des vices de procédure
Le tribunal a retenu les exceptions de nullité soulevées par la défense, estimant que la procédure comportait des irrégularités. Une décision qui a provoqué la surprise et la déception des parties civiles.
« Nous sommes très surpris, car les nullités soulevées ne tenaient pas la route. Le parquet partageait d’ailleurs notre position », a réagi Me Stéphane Massé, avocat de la Licra Nancy, auprès de l’AFP.
Le parquet de Nancy avait requis 100 jours-amende à 10 euros, soit 1 000 euros au total, ainsi que trois ans d’inéligibilité pour Pierre-Nicolas Nups. Des peines de prison avec sursis et des amendes avaient également été demandées contre les deux autres prévenus.
La Licra appelle Ă un appel du parquet
Du côté des associations antiracistes, la réaction est ferme. Franck Porterat, président de la Licra Nancy, a appelé à ce que la justice réexamine le dossier :
« Il est essentiel que la cour d’appel puisse redire avec force qu’il n’y a pas, en France, de place pour les discours qui hiérarchisent les êtres humains. »
Pour rappel, Pierre-Nicolas Nups, qui se présentait sous l’étiquette du Parti de la France, avait revendiqué avoir « validé » cette affiche, qu’il décrivait comme « un message d’espoir pour la jeunesse ».
Il avait été éliminé dès le premier tour des législatives, recueillant 10,06 % des suffrages.
Une affiche qui avait suscité l’indignation chez certains
Le slogan, accompagné de l’image d’un enfant blond, avait été perçu comme un message explicitement racialiste, provoquant une indignation sur les réseaux sociaux et dans le monde politique.
Le Parti de la France, formation marginale, n’avait présenté qu’un seul candidat aux élections législatives de juin 2024.
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