Une greffière du tribunal de Paris a été mise en examen pour association de malfaiteurs et violation du secret professionnel. Elle est soupçonnée d’avoir transmis l’adresse d’un surveillant pénitentiaire agressé à son domicile.

Une fonctionnaire de justice au cœur d’une affaire de corruption
C’est une affaire aussi rare que préoccupante pour l’institution judiciaire. Selon les informations du Parisien, une greffière du tribunal judiciaire de Paris, affectée au service de l’exécution des peines, a été mise en examen le 17 octobre 2025 dans son propre lieu de travail. Elle est suspectée d’avoir communiqué des informations confidentielles à des individus liés au milieu criminel.
Le parquet de Paris la poursuit pour association de malfaiteurs, blanchiment, violation du secret professionnel et détournement de la finalité d’un traitement de données à caractère personnel. Des faits passibles de dix ans de prison et 375 000 euros d’amende.
Le point de départ : l’agression d’un surveillant de la prison de la Santé
Tout remonte à la soirée du 26 septembre 2024 à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Trois hommes masqués et armés ont fait irruption au domicile d’un agent pénitentiaire. Sous les yeux de sa compagne, ils l’ont frappé violemment au visage avant de le menacer en lien avec son travail.
Les enquêteurs du SDPJ 93 (service départemental de la police judiciaire) ont rapidement remonté la piste d’un règlement de comptes : l’agression aurait été une vengeance après la découverte d’un téléphone portable en cellule.
Quelques jours plus tard, une mineure et un jeune homme majeur ont été mis en examen et écroués dans cette affaire. Mais les investigations ont révélé un élément troublant : les agresseurs auraient obtenu des renseignements sensibles grâce à une connaissance travaillant au tribunal de Paris.
Une enquête confiée à la brigade de répression du banditisme
Alertée, la juge d’instruction de Bobigny a signalé ces éléments au parquet de Paris le 10 juillet 2025, déclenchant l’ouverture d’une enquête confiée à la brigade de répression du banditisme (BRB).
Le 15 octobre, les policiers ont mené une perquisition au domicile de la greffière. Absente, elle s’est présentée d’elle-même le lendemain dans les locaux de la police judiciaire, situés à deux pas du palais de justice, avant d’être placée en garde à vue.
Les premières constatations ont mis en lumière plusieurs consultations de fichiers judiciaires « sans justification professionnelle » ainsi que d’importants mouvements financiers sur ses comptes bancaires, dont l’origine reste inexpliquée.
Une mise en examen suivie d’un contrôle judiciaire strict
Face à ces éléments, la fonctionnaire, au casier vierge, a été présentée à un juge d’instruction. Le parquet a réclamé son incarcération, mais le magistrat a finalement décidé de la placer sous contrôle judiciaire, invoquant sa grossesse et des problèmes de santé.
La greffière a désormais interdiction de quitter le territoire, de fréquenter ses co-mis en examen, d’exercer toute fonction publique et de paraître au tribunal judiciaire de Paris. Le parquet a fait appel de cette décision.
Les motivations exactes de la fonctionnaire — appât du gain, proximité avec des détenus ou menaces — restent encore à déterminer. Une chose est sûre : cette affaire ébranle une nouvelle fois la confiance dans les institutions judiciaires.
(Merci Rudy van Cappellen)
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L’impartialité de la justice 😀 Il y a vraiment un ménage à faire dans ce bouge.