Trois policiers ont été condamnés à Nice à douze mois de prison avec sursis et six mois d’interdiction d’exercer pour des injures racistes et des violences psychologiques envers deux jeunes Tunisiens interpellés en juillet 2024 dans le quartier des Moulins. Deux autres agents ont été relaxés.

Trois policiers reconnus coupables d’injures racistes à Nice
Le tribunal correctionnel de Nice a rendu son verdict ce lundi 10 novembre. Trois policiers ont été déclarés coupables d’injures racistes et de violences psychologiques sur deux jeunes Tunisiens lors d’une interpellation survenue le 22 juillet dernier dans le quartier sensible des Moulins, à l’ouest de la ville, relate BFMTV.
Les trois fonctionnaires ont écopé de douze mois de prison avec sursis et de six mois d’interdiction d’exercer, tandis que deux autres policiers ont été relaxés.
Le parquet avait requis jusqu’à dix-huit mois de prison et une interdiction définitive d’exercer à l’encontre des cinq agents poursuivis.
Suspendus depuis les faits, les trois condamnés devront encore faire face à une procédure disciplinaire interne avant toute éventuelle réintégration.
Une interpellation sous tension enregistrée à leur insu
Les faits remontent au 22 juillet 2024. Deux jeunes hommes, soupçonnés de trafic de stupéfiants, avaient été arrêtés et placés dans une fourgonnette de police. L’un d’eux, âgé de 18 ans, avait discrètement activé le dictaphone de son téléphone, enregistrant plus de trente minutes d’insultes racistes, d’humiliations et de propos violents.
On y entend notamment : « T’es un Arabe. Tu es là pour violer des Françaises et nous voler ! Ici, personne ne veut de toi ! », ou encore « Sales bougnoules ».
Ces propos, révélés par l’enquête, ont été jugés constitutifs de violences psychologiques aggravées.
Les violences physiques, en revanche, n’ont pas été retenues. Le certificat médical évoquait des ecchymoses pouvant résulter d’une chute ou d’automutilations, reconnues par le jeune homme pendant sa garde à vue.
Des réactions contrastées après le verdict
À la sortie du tribunal, Me Kada Sadouni, avocat de la victime, a exprimé sa déception : « Je pensais que la justice allait marquer plus fermement sa désapprobation face à de tels faits ».
Du côté de la défense, Me Éric Borghini, avocat de l’un des policiers, s’est dit soulagé d’une décision jugée équilibrée : « Il n’y a pas que les délinquants qui ont droit à une seconde chance ».
Le secrétaire départemental du syndicat Un1té Police, Laurent Martin de Frémond, a reconnu que « certains mots ne devraient jamais être prononcés », tout en invoquant « la dure réalité du terrain ».
Les trois agents condamnés, âgés de 30, 32 et 41 ans, devront verser 1 000 euros de dommages et intérêts à la victime, 1 euro symbolique à la Ligue des droits de l’Homme et à la Licra, ainsi que 800 euros de frais de justice aux trois parties civiles.
Un dossier sensible pour la police niçoise
Cette affaire, survenue dans un contexte de tensions entre forces de l’ordre et habitants de certains quartiers populaires, relance le débat sur la formation et la gestion du stress policier.
Elle s’ajoute à plusieurs cas récents où des enregistrements clandestins ont mis au jour des comportements inappropriés au sein de la police nationale, alimentant un vif débat sur la déontologie policière et la confiance citoyenne.
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