Sur l’A36, des douaniers découvrent plus de 250 kg de drogue cachés dans un faux plafond de camion. Un chauffeur ukrainien sera jugé à Montbéliard.

Doubs : saisie record de cannabis et de cocaïne sur une aire de l’A36
Une opération de contrôle qui vire à la saisie record
Sur une aire d’autoroute de l’A36, sur la commune de L’Hôpital-Saint-Lieffroy (Doubs), des douaniers ont intercepté un camion frigorifique immatriculé en Pologne au cours d’un contrôle de routine, relate L’Est Républicain. Les agents patrouillaient dans le sens Besançon–Montbéliard lorsqu’ils ont décidé de faire stopper le poids lourd sur l’aire de la Combe Fougère, en raison d’éléments jugés suspects dans la conduite du chauffeur.
Au moment de la manœuvre d’arrêt, les fonctionnaires ont relevé une nette nervosité chez le conducteur, un routier de nationalité ukrainienne âgé de 49 ans. Ce comportement les a incités à approfondir la vérification du véhicule et de sa cargaison, au-delà des simples formalités habituelles de contrôle.
206 kg de cannabis et 47 kg de cocaïne découverts
Le chauffeur a ouvert la remorque, dans laquelle étaient chargées 33 palettes de bicarbonate de soude, une marchandise en apparence parfaitement licite. En observant l’intérieur, un douanier a remarqué une ligne inhabituelle et parfaitement rectiligne au plafond, ressemblant à un joint de mastic destiné à colmater une fissure.
Intrigué par cet aménagement, l’agent a commencé à gratter le revêtement, mettant progressivement au jour une structure dissimulée, assimilable à un faux plafond aménagé comme une cache. Une fois la paroi entrouverte, les douaniers ont mis au jour une série de bacs renfermant des pains soigneusement emballés de résine et de poudre.
Au total, les enquêteurs ont saisi 206 kg de résine de cannabis et 47 kg de cocaïne conditionnés dans 52 bacs. Les projections de valeur réalisées à partir des prix de revente au détail font état d’un montant global voisin de 4,5 millions d’euros, dont environ 2,84 millions pour la cocaïne et 1,65 million pour la résine de cannabis. Cette prise est qualifiée de particulièrement importante au regard des volumes habituellement interceptés dans le secteur.
Une cache sophistiquée dans un faux plafond
La planque, aménagée dans le plafond de la remorque, se présentait comme un compartiment dissimulé sur toute une partie supérieure de l’espace de chargement. De l’extérieur, l’ensemble se fondait dans la structure du camion frigorifique, la ligne de mastic donnant l’illusion d’une réparation anodine.
Ce dispositif nécessitait une intervention attentive pour être repéré et ouvert, ce qui met en lumière le niveau de sophistication logistique déployé pour transporter la marchandise. Le système permettait de conserver une cargaison apparente « propre » – en l’occurrence des palettes de bicarbonate de soude – tout en dissimulant plusieurs centaines de kilos de stupéfiants au-dessus.
Le parcours européen du chauffeur routier
Devant les enquêteurs, le conducteur ukrainien a affirmé ne pas avoir eu connaissance de la présence de la drogue. Il a expliqué avoir été récemment embauché par une entreprise de transport polonaise et indiqué qu’il était en tournée quasi continue à travers plusieurs pays européens, notamment les Pays-Bas, la Belgique, le Portugal, l’Espagne, la France et l’Allemagne.
Selon ses déclarations, il aurait quitté Barcelone pour rejoindre Lyon, où sa remorque aurait été chargée le samedi matin vers 9 h, alors qu’il s’était éloigné pour fumer une cigarette. Il a déclaré ne jamais être retourné à son domicile depuis son embauche, intervenue à la fin du mois d’octobre, et affirmer se contenter de suivre les instructions reçues au fil des trajets.
Destination floue et enquĂŞte en cours
Après son passage par Lyon, le chauffeur aurait pris la direction de l’Allemagne, sans pouvoir préciser la ville de livraison supposée. Il a indiqué être informé des adresses de livraison au fur et à mesure par son donneur d’ordres, ce qui laisse planer de nombreuses zones d’ombre sur l’organisation logistique et les éventuels complices.
Les enquêteurs de la gendarmerie, à qui le dossier a été confié, doivent désormais analyser les données du chronotachygraphe du camion, ainsi que le contenu du téléphone du conducteur, sous réserve d’obtenir les codes nécessaires. L’exploitation de ces éléments techniques pourrait permettre de reconstituer avec précision l’itinéraire, les temps d’arrêt et les contacts du routier, afin d’identifier d’éventuels relais sur le territoire français ou à l’étranger.
Un jugement attendu devant le tribunal de Montbéliard
À l’issue de sa garde à vue, le chauffeur ukrainien doit être présenté devant le tribunal judiciaire de Montbéliard. Il sera jugé dans le cadre de cette affaire de transport de stupéfiants de grande ampleur, au regard de la quantité de cannabis et de cocaïne découverte dans son camion.
Cette audience devra déterminer le degré de responsabilité du prévenu, la crédibilité de ses explications et la peine encourue pour la détention et le transport de stupéfiants en bande organisée ou non, selon la qualification retenue. Cette saisie s’inscrit dans la lutte menée sur les axes autoroutiers, considérés comme des corridors stratégiques pour les trafics internationaux de drogue.
(Merci Yann Bourguignon)
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