Un bijoutier retraité de 80 ans a été condamné à 12 mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Lyon pour avoir tiré sur un braqueur lors d’un hold-up à Bron en 2011. Quatorze ans après les faits, la légitime défense n’a pas été retenue, tandis que les deux agresseurs, multirécidivistes et en fuite, sont condamnés par défaut.

Bron : un bijoutier octogénaire condamné pour avoir tiré sur un braqueur
Quatorze ans après un braquage violent dans sa bijouterie de Bron, près de Lyon, un commerçant aujourd’hui âgé de 80 ans a été condamné à un an de prison avec sursis. Le tribunal correctionnel de Lyon a écarté la légitime défense, retenant la responsabilité pénale de ce tireur sportif chevronné, déjà confronté à plusieurs attaques par le passé.
Un tir de riposte lourdement sanctionné
Le tribunal correctionnel de Lyon a reconnu coupable, mercredi, Gilbert L., bijoutier retraité, pour des faits remontant à octobre 2011. Lors d’un braquage dans sa boutique de Bron, l’octogénaire avait saisi un revolver de type magnum 357 dissimulé dans son comptoir et ouvert le feu sur l’un des deux agresseurs.
La juridiction lui a infligé une peine de 12 mois d’emprisonnement avec sursis. Les juges ont considéré que les conditions strictes de la légitime défense n’étaient pas réunies, malgré le contexte de violence et de menace auquel était confronté le commerçant.
Cinq impacts, dont deux alors que le braqueur était au sol
L’expertise balistique versée au dossier a établi que cinq tirs avaient atteint l’un des malfaiteurs. Deux de ces impacts sont intervenus alors que le braqueur se trouvait déjà au sol, un élément déterminant dans l’analyse des juges.
Tireur sportif expérimenté, Gilbert L. a soutenu à la barre qu’il avait tiré à l’aveugle depuis l’arrière de son comptoir, en situation de stress intense. Le tribunal n’a toutefois pas retenu cette version pour caractériser une légitime défense intégrale.
Un commerçant déjà ciblé à plusieurs reprises
Au cours de sa carrière, le bijoutier avait été la cible de trois braquages distincts. Dans les années 1980, il avait déjà tué un agresseur lors d’une attaque et avait alors bénéficié d’un non-lieu au titre de la légitime défense.
Ce passé de victime récurrente de hold-up a été rappelé au procès, sans pour autant suffire à convaincre la juridiction correctionnelle de le dispenser de toute condamnation dans ce nouveau dossier.
D’un procès aux assises à une correctionnalisation
L’affaire, initialement ouverte pour vol à main armée, était destinée à être jugée devant une cour d’assises, en raison de la gravité des faits. En 2022, le dossier a été requalifié pour être renvoyé devant le tribunal correctionnel.
Cette correctionnalisation a fait disparaître la qualification criminelle de vol à main armée, tout en maintenant la responsabilité du bijoutier pour les tirs ayant blessé l’un des braqueurs. Le procès s’est finalement tenu plus de dix ans après les faits, dans un format simplifié.
Des braqueurs multirécidivistes condamnés en leur absence
Les deux agresseurs, placés initialement sous contrôle judiciaire puis remis en liberté en 2013, n’étaient pas présents à l’audience. En fuite, ils ont été jugés par défaut. Le tribunal les a condamnés à des peines de 3 et 4 ans d’emprisonnement ferme.
Des mandats d’arrêt ont été délivrés à leur encontre. Leur multirécidive a été soulignée à l’audience, sans qu’ils ne viennent s’expliquer devant la juridiction lyonnaise.
Une peine jugée “infamante” par La Défense
À l’issue du délibéré, l’avocat du bijoutier, Me Louis Cailliez, a vivement critiqué la décision. Il a dénoncé une peine qu’il qualifie d’“infamante” et un procès qu’il estime “bâclé”, considérant que son client s’est “défendu face à des voyous qui méprisent la justice”.
L’avocat a annoncé immédiatement son intention de faire appel. La cour d’appel de Lyon sera donc amenée à se pencher à son tour sur ce dossier sensible, au croisement entre sécurité des commerçants, usage de la force et stricte appréciation de la légitime défense.
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Cela Ă &t& rapide ,Ă savoir si c’est vraiment le manque de personnel ?
Le juge a oubliĂ© de coller 100 000 euros d’indemnitĂ©s Ă ce brave homme Ă verser en faveur des braqueurs: impardonnable!