Une nourrice algérienne de 42 ans, sous OQTF, est jugée à Nanterre pour avoir versé des produits ménagers dans les repas d’une famille juive en Île-de-France. La mère, traumatisée, raconte l’angoisse durable de ses enfants et la peur qu’un jour la prévenue revienne.

Procès à Nanterre : une nourrice accusée d’avoir intoxiqué une famille juive avec des produits ménagers
Deux ans après l’intoxication criminelle de leurs repas, une famille juive d’Île-de-France voit comparaître devant le tribunal de Nanterre une nourrice algérienne de 42 ans, sous obligation de quitter le territoire français. Poursuivie pour administration de substances nuisibles avec circonstance aggravante d’antisémitisme, elle est au cœur d’un dossier qui a laissé des séquelles profondes chez les parents et leurs trois enfants, relate Le Parisien.
Une intoxication volontaire au cœur du foyer
Selon la famille, les faits remontent à il y a deux ans, alors que la nourrice employée au domicile aurait versé des produits ménagers dans la nourriture. Les parents et leurs trois enfants avaient consommé les repas ainsi préparés.
L’employée domestique, âgée de 42 ans et de nationalité algérienne, fait l’objet d’une OQTF. Elle doit répondre devant le tribunal correctionnel de Nanterre des faits d’« administration de substance nuisible », avec une qualification aggravante liée à l’antisémitisme. La mère de famille, qui souhaite rester totalement anonyme, évoque un traumatisme aux « traces indélébiles » pour son mari et leurs enfants.
Une mère qui réclame avant tout protection
Interrogée sur ses attentes à l’égard de ce procès, la mère exprime un souhait clair : que la prévenue soit expulsée du territoire français. Elle insiste sur le fait que cette demande n’est motivée ni par la vengeance ni par la xénophobie, mais par la volonté de mettre fin à la peur quotidienne qui habite la famille.
Le foyer n’a pas déménagé, les enfants fréquentent toujours la même école. La crainte est donc très concrète : celle d’un éventuel retour de la prévenue dans leur environnement. Pour la mère, l’expulsion représenterait aussi un moyen d’empêcher que d’autres familles ne subissent des faits similaires.
Une vie rythmée par la peur et la surveillance
Depuis les faits, la famille vit dans un climat d’angoisse permanente. La mère confie avoir, dans un premier temps, dormi devant la porte, la poussette à côté d’elle, prête à réagir si quelqu’un entrait dans le domicile. Ce réflexe de protection illustre l’état de vigilance extrême qui s’est installé.
Pour tenter de reprendre le contrôle, le foyer a renforcé les mesures de sécurité : des caméras ont été installées à l’intérieur de la maison, à l’entrée, ainsi qu’à l’extérieur. Lorsqu’elle se rend quelque part avec ses enfants, la mère passe systématiquement la première, comme pour faire barrage à un éventuel danger.
Elle dit vivre avec un profond sentiment de culpabilité, même si elle n’est pas responsable des faits. Elle s’en veut d’avoir laissé entrer dans son foyer une personne qui, selon elle, a mis en péril ce qu’elle a de plus précieux : ses enfants.
Des enfants durablement marqués
Les trois enfants n’ont pas vécu le drame de la même manière. La seconde fille, âgée de 5 ans au moment des faits, s’est progressivement refermée sur elle-même. Présentée comme une enfant naturellement joyeuse, elle est devenue introvertie, puis mutique. La mère raconte qu’elle se rongeait les ongles jusqu’au sang.
Lors d’un rendez-vous chez le dentiste, la famille découvre que l’enfant se mord également l’intérieur des joues. Lorsque sa mère tente d’aborder ce qu’il s’est passé, la petite répond spontanément : « Je ne veux pas en parler, ça me fait peur », illustrant l’ampleur de son traumatisme.
Culpabilité, cauchemars et peur identitaire
L’aînée, absente du domicile au moment des faits car en colonie de vacances, développe un autre type de souffrance. Elle ressent une forte culpabilité de ne pas avoir été là pour protéger sa sœur et son petit frère. Cette culpabilité s’accompagne de cauchemars récurrents.
La mère évoque également une « peur identitaire » chez cette adolescente. L’aînée a compris, à travers cet épisode, qu’être identifiée comme juive pouvait la mettre en danger. Elle en est arrivée à la conclusion qu’elle devait désormais cacher sa confession religieuse.
Une confiance brisée dans la garde d’enfants
Après les faits, la famille a d’abord fait appel à ses proches pour assurer la garde des enfants. Les beaux-parents se sont relayés auprès d’eux, tout comme le père de la mère qui vient chaque semaine pour les aider.
Quand le recours à de nouvelles nounous s’est avéré nécessaire, les parents ont appliqué des critères beaucoup plus stricts. Désormais, les personnes choisies pour garder les enfants leur sont recommandées et sont de confession juive, par souci de confiance et de sécurité.
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