Un photographe de 64 ans exerçant à Pauillac (Gironde) a été mis en examen après la découverte de plusieurs milliers de fichiers pédopornographiques, dont des images d’enfants « dénudés » à l’aide d’un logiciel d’intelligence artificielle. Placé en détention provisoire, il est poursuivi pour importation, détention et diffusion d’images pédopornographiques, ainsi que pour diffusion de montages algorithmique à caractère sexuel sans consentement.

Gironde : un photographe mis en examen pour des milliers d’images pédopornographiques générées par intelligence artificielle
Un photographe de 64 ans, installé à Pauillac près de Bordeaux, a été mis en examen le 26 novembre et placé en détention provisoire. Les enquêteurs lui reprochent d’avoir utilisé un logiciel d’intelligence artificielle pour « dénuder » des enfants sur des photos, parfois prises dans le cadre de son activité, et d’avoir partagé plusieurs milliers d’images et de vidéos pédopornographiques, relate Le Parisien.
Une alerte internationale à l’origine de l’enquête
Il y a quelques mois, le parquet de Bordeaux est destinataire d’un signalement transmis dans le cadre de la coopération policière internationale. Les autorités étrangères indiquent qu’un homme de nationalité française partage, en ligne, des images et des vidéos à caractère pédopornographique.
Ce signalement est confié à l’Unité nationale Cyber (UNC), rattachée à la direction des opérations de la direction générale de la gendarmerie nationale. Les spécialistes de la cybercriminalité se chargent alors de remonter la trace numérique de l’auteur présumé de ces échanges.
Le studio photo de Pauillac identifié
Grâce à leurs investigations techniques, les cybergendarmes parviennent à localiser le lieu d’où sont effectués les téléchargements et les partages de fichiers illicites. Les connexions sont rattachées à un studio de photographie situé à Pauillac, commune viticole à une cinquantaine de kilomètres de Bordeaux.
L’entreprise emploie deux personnes : un homme de 64 ans, ancien comptable retraité reconverti dans la photographie, et une collaboratrice de 28 ans. Rapidement, les investigations permettent de mettre hors de cause la jeune femme. Le photographe, lui, est interpellé et placé en garde à vue le lundi 24 novembre.
Perquisitions et découverte de milliers de fichiers
Parallèlement à la garde à vue, les gendarmes procèdent à des perquisitions au domicile du sexagénaire et dans les locaux du studio photo. Les enquêteurs saisissent l’ensemble du matériel informatique et des supports numériques afin de les analyser.
L’exploitation de ces équipements révèle la présence de plusieurs milliers de fichiers, images et vidéos, à caractère pédopornographique. Les enquêteurs constatent que ces contenus ne se limitent pas à des fichiers téléchargés, mais incluent aussi des montages réalisés à partir de photographies existantes.
Des images d’enfants modifiées par intelligence artificielle
Une particularité retient l’attention des cybergendarmes : de nombreuses images ont été altérées grâce à un logiciel d’intelligence artificielle conçu pour « déshabiller » les personnes figurant sur les photos. Les enquêteurs estiment que le photographe aurait utilisé cet outil sur des clichés d’enfants, certains ayant été réalisés dans le cadre de son activité professionnelle.
En modifiant ces photos, l’intéressé aurait généré de fausses images sexuelles mettant en scène des mineurs. Ces montages, obtenus par traitement algorithmique, sont ensuite intégrés à des collections de fichiers pédopornographiques et partagés en ligne.
Mise en examen et détention provisoire
Au terme de 48 heures de garde à vue, le mercredi 26 novembre, le sexagénaire est présenté à un juge d’instruction. Ce dernier le met en examen pour plusieurs chefs, notamment pour « importation, détention et diffusion de l’image d’un mineur présentant un caractère pornographique ».
L’homme est également poursuivi pour « diffusion d’un montage ou d’un contenu généré par un traitement algorithmique à caractère sexuel reproduisant l’image ou les paroles d’une personne sans son consentement ». Conformément aux réquisitions du parquet, le photographe est placé en détention provisoire dans l’attente de la suite de l’information judiciaire.
Un dossier emblématique des dérives de l’IA
Cette affaire illustre les nouveaux enjeux pour les services d’enquête face aux usages détournés de l’intelligence artificielle. Les enquêteurs doivent désormais composer avec des contenus générés ou modifiés par algorithme, qui peuvent viser des mineurs sans que ceux-ci aient nécessairement posé dans les situations représentées.
L’information judiciaire devra notamment éclairer l’ampleur des faits, le nombre de victimes potentielles et les circonstances dans lesquelles les images initiales ont été réalisées, tout en rappelant que la personne mise en examen bénéficie de la présomption d’innocence.
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