Une vidéo montrant Brigitte Macron soutenir Ary Abittan en coulisses et parler de « sales connes » au sujet des féministes qui ont perturbé son spectacle met le feu aux poudres. Collectifs féministes, responsables politiques et entourage de la Première dame s’affrontent désormais sur la liberté d’expression, la radicalité militante et le retour sur scène de l’humoriste blanchi par la justice.

Brigitte Macron, Ary Abittan et les « sales connes » : une phrase privée qui déclenche une tempête publique
Une vidéo tournée en coulisses du spectacle d’Ary Abittan à Paris, où Brigitte Macron évoque en riant les « sales connes » pour désigner des perturbatrices, déclenche une intense polémique, relate Jean-Marc Morandini. Collectif #NousToutes, personnalités engagées contre les violences sexuelles et responsables politiques dénoncent des propos jugés méprisants envers les féministes, tandis que l’entourage de la Première dame parle d’une critique de méthodes radicales.
Des militantes interrompent le spectacle d’Ary Abittan
Samedi soir, à Paris, le spectacle d’Ary Abittan aux Folies Bergère a été brièvement interrompu par quatre militantes du collectif féministe #NousToutes. Masquées avec le visage de l’humoriste et la mention « violeur », elles ont scandé « Abittan violeur » au milieu de la salle afin de dénoncer sa présence à l’affiche.
L’action militante visait le retour sur scène de l’artiste, toujours contesté par une partie des mouvements féministes, malgré la clôture de la procédure judiciaire en sa faveur. Les militantes ont finalement été évacuées, permettant à la représentation de reprendre.
La visite de Brigitte Macron le lendemain
Le lendemain, dimanche, Brigitte Macron s’est rendue aux Folies Bergère pour assister au spectacle d’Ary Abittan, accompagnée de sa fille Tiphaine Auzière. La Première dame a rencontré l’humoriste en coulisses avant qu’il ne monte sur scène.
C’est à ce moment qu’a été enregistrée la séquence au cœur de la controverse, filmée en coulisses et diffusée ensuite en ligne. La vidéo, publiée lundi par un site people avant d’être retirée, circule depuis sous forme de reprises et d’extraits sur les réseaux sociaux.
Une vidéo en coulisses qui rallume la controverse
Dans la vidéo, Ary Abittan confie à Brigitte Macron qu’il a « peur » face au climat tendu entourant ses représentations. La Première dame lui répond alors, en riant, que « s’il y a des sales connes on va les foutre dehors ». Elle ajoute aussitôt : « Surtout des bandits masqués », en référence aux militantes cagoulées la veille.
Ces quelques secondes de conversation, captées hors scène, ont suffi à relancer la polémique autour de l’humoriste et à y ajouter une dimension politique et symbolique, en impliquant directement l’épouse du chef de l’État.
#NousToutes dénonce un « crachat » sur les victimes
Le collectif féministe #NousToutes a immédiatement repris la formule « sales connes » sur fond noir, autour du mot-clé #salesconnes. Une militante de #NousToutes Paris Nord, se présentant sous le pseudonyme de Gwen et ayant participé à l’action aux Folies Bergère, a dit sa colère.
Selon elle, les propos de Brigitte Macron « en disent long sur sa vision des choses » et constituent un « message politique extrêmement choquant ». Elle y voit « un crachat de plus sur les victimes et les associations féministes », estimant que les militantes sont visées pour leur mobilisation contre les violences sexuelles.
Judith Godrèche se joint au mouvement
La comédienne Judith Godrèche, très engagée sur les questions de violences sexistes et sexuelles, a apporté son soutien au collectif. Sur fond noir, elle a publié un message simple et tranchant : « Moi aussi je suis une sale conne. Et je soutiens tous.tes les autres. »
Cette prise de position s’inscrit dans la continuité de son engagement public en faveur de la libération de la parole des victimes et contribue à amplifier la portée de la campagne #salesconnes sur les réseaux sociaux.
Une polémique qui s’invite dans l’arène politique
La controverse a rapidement dépassé le cadre militant pour devenir un sujet politique. Sur le réseau X, la députée La France insoumise Sarah Legrain a accusé Brigitte Macron « d’insulter les féministes mobilisées contre la programmation par les Folies Bergère d’Ary Abittan accusé de viol ». Elle rappelle que « un non-lieu n’efface pas la parole et les ITT d’une femme ».
Manon Aubry, eurodéputée LFI, a également réagi sur X, estimant que le quinquennat avait commencé avec les droits des femmes comme « grande cause » et se terminait « en les insultant ». Elle conclut son message en affirmant qu’« il est temps que le couple Macron s’en aille ».
Les écologistes dénoncent des propos « gravissimes »
Invitée sur BFMTV, la secrétaire nationale des écologistes, Marine Tondelier, a qualifié les propos de Brigitte Macron de « gravissimes ». Selon elle, « une Première dame ne devrait pas dire ça », même dans un contexte informel et en coulisses.
Tout en rappelant qu’au vu du non-lieu, Ary Abittan « peut remonter sur scène », elle estime que « les féministes ont le droit de donner leur avis là -dessus aussi ». Pour la responsable écologiste, le débat public doit pouvoir inclure la contestation militante du retour d’un artiste mis en cause, même blanchi par la justice.
La défense de l’entourage de Brigitte Macron
Interrogé par l’AFP, l’entourage de Brigitte Macron a tenté de désamorcer la polémique. Selon ses proches, il ne faudrait voir dans cet échange en coulisses qu’« une critique de la méthode radicale employée par ceux qui ont perturbé, masqués, le spectacle d’Ary Abittan samedi soir pour empêcher que l’artiste se produise sur scène ».
La Première dame, assure cette même source, « n’approuve pas cette méthode radicale » consistant à interrompre une représentation pour empêcher un artiste de jouer. L’entourage insiste sur le caractère ciblé de la phrase, qui viserait les perturbations masquées plutôt que l’ensemble des féministes.
Le parcours judiciaire d’Ary Abittan
La polémique s’inscrit dans un contexte judiciaire déjà très médiatisé. Fin 2021, une jeune femme fréquentant Ary Abittan depuis quelques semaines avait porté plainte pour viol. Une information judiciaire avait alors été ouverte et l’humoriste avait été mis en cause dans cette affaire.
Après environ trois ans d’enquête, l’instruction s’est conclue par un non-lieu, confirmé en appel en janvier. Sur le plan pénal, Ary Abittan n’est donc pas renvoyé devant un tribunal pour ces faits. Malgré cette issue judiciaire, son retour sur scène continue de susciter des contestations, avec des actions régulières de militantes féministes aux abords des salles où il se produit.
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ce n’est pas très classe ! mais on ne peux pas faire toujours attention
PENDANT que l’on parle de ces gauchistes, le vrai dĂ©bat sur l’effondrement de la France est mis de cĂ´tĂ©!
Ce n’est pas tres fair-play mais c’est vrai.