Trois hommes, dont un antiquaire, sont jugés à Laon pour une vaste série de vols et de dégradations dans une trentaine d’églises du Nord de la France. Calices, ciboires, ostensoirs et autres objets sacrés ont été dérobés ou fondus, avant que la gendarmerie ne démantèle leur circuit de revente.

Pillage en série de trente églises : trois hommes jugés à Laon pour vols d’objets sacrés
En moins de quatre mois, une trentaine d’églises situées dans la Marne, la Somme, l’Aisne et le Nord ont été la cible de vols et de dégradations, visant principalement des objets liturgiques. Deux hommes de 28 et 34 ans, soupçonnés d’être les pilleurs, et un antiquaire présenté comme leur receleur, comparaissent devant le tribunal correctionnel de Laon pour une série de faits qui a profondément marqué les paroisses de la région, relate Le Figaro.
Une vaste série de vols dans les églises
Entre la fin du mois de juin et le mois d’octobre, les enquêteurs attribuent aux deux principaux prévenus une succession de pillages dans environ trente édifices religieux.
Les agissements se concentrent sur plusieurs départements : la Marne, la Somme, l’Aisne et le Nord, avec un nombre particulièrement important de faits relevés sur le diocèse de Soissons.
Les auteurs présumés ciblaient des objets de culte de valeur : calices, ciboires, patènes, ostensoirs, châsses et divers objets sacrés.
Pour accéder aux sacristies et aux tabernacles, les portes et mobiliers ont souvent été fracturés, occasionnant d’importantes dégradations dans les églises visitées.
Des églises parfois frappées à deux reprises dans la même journée
Les modes opératoires décrits par les enquêteurs montrent un rythme soutenu et une détermination certaine.
À plusieurs reprises, deux églises ont été pillées le même jour, comme le 19 juillet à Mont-Notre-Dame et Vervins, ou le 11 août à Bruyères-et-Montbérault et Chamouille, dans l’Aisne.
Ces intrusions répétées ont suscité une vive inquiétude parmi les communautés paroissiales et les élus locaux, confrontés à la fois à la disparition d’objets cultuels et à la profanation ressentie des lieux de culte.
Réaction des autorités et renforcement de la surveillance
Face à la multiplication des faits, la préfète de l’Aisne, Fanny Anor, a demandé un renforcement immédiat de la surveillance des édifices religieux du département.
Les unités du groupement de gendarmerie départementale ont intensifié leurs patrouilles aux abords des églises et mené des actions de prévention auprès des autorités religieuses et des municipalités.
Dans le même temps, une enquête judiciaire a été ouverte sous la direction du parquet de Laon.
La brigade de recherches de Vervins a été chargée des investigations, en lien avec la brigade de recherches de Laon, la section de recherches d’Amiens et l’Office central de lutte contre le trafic des biens culturels, spécialisé dans ce type de délinquance.
Un circuit de revente et de fonte des objets découvert
Les investigations ont permis de mettre en évidence un circuit d’écoulement des objets volés.
Certains objets liturgiques auraient été revendus en l’état, tandis que d’autres auraient été fondus pour en récupérer les métaux, notamment précieux.
Les enquêteurs remontent ainsi jusqu’à un antiquaire de la région, soupçonné de recel et de non-respect des obligations légales qui s’imposent aux revendeurs d’objets mobiliers, notamment la tenue d’un registre de police.
Ce professionnel est désormais poursuivi aux côtés des deux présumés pilleurs.
Une opération judiciaire d’ampleur pour interpeller les suspects
Le 15 octobre, trois jours après le dernier vol recensé, une opération judiciaire de grande envergure est déclenchée.
Environ trente militaires sont mobilisés : pelotons de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG), brigades de recherches, équipe cynophile venue de Senlis et techniciens en identification criminelle.
Les trois mis en cause sont interpellés puis placés en garde à vue.
Les perquisitions menées dans la foulée permettent de découvrir de nombreux objets religieux, identifiés comme provenant des différents vols commis dans les églises.
Des objets restitués aux paroisses et un procès très attendu
Les objets retrouvés ont été progressivement restitués aux paroisses concernées, permettant de reconstituer en partie le patrimoine liturgique dérobé.
Pour les communautés religieuses, ces restitutions ont constitué un moment important, même si certaines pièces restent perdues lorsque les objets ont été fondus.
Présentés le 17 octobre au parquet de Laon en vue d’une comparution immédiate, les trois prévenus ont sollicité un délai pour préparer leur défense.
Le tribunal a accédé à cette demande et les a laissés libres sous contrôle judiciaire strict dans l’attente de leur jugement.
Des peines encourues pouvant aller jusqu’à sept ans de prison
Les trois hommes comparaîtront devant le tribunal correctionnel de Laon pour plusieurs chefs :
• Vols et tentatives de vols de biens culturels commis dans un lieu de culte avec effraction.
• Recel d’objets volés.
• Non tenue du registre de police par un revendeur d’objets mobiliers.
Au regard des faits reprochés, ils encourent des peines pouvant aller jusqu’à sept ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende.
Le procès doit permettre de préciser le rôle de chacun, l’ampleur exacte du préjudice et les circonstances dans lesquelles cette série de vols a pu se développer sur plusieurs départements en quelques mois.
(Merci Fabrice Guérault)
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