Le maire de Chessy et tous ses adjoints ont démissionné le 13 décembre 2025 pour protester contre l’obligation de marier un homme sous OQTF. La commune se retrouve sans exécutif municipal suite à cette décision collective inédite.

Un maire de Seine-et-Marne démissionne avec tout son conseil municipal plutôt que célébrer un mariage controversé
Fait sans précédent à Chessy : le maire Olivier Bourjot et l’ensemble de ses adjoints ont rendu leur démission collective samedi 13 décembre 2025. Cette décision radicale intervient après le refus des élus de procéder à l’union d’un couple dont l’homme fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français depuis 2022. La commune se retrouve aujourd’hui dans un vide administratif exceptionnel, relate Actu.fr.
Une démission collective pour protester
La ville de Chessy se retrouve brutalement privée de son exécutif municipal. Le samedi 13 décembre 2025, Olivier Bourjot et ses adjoints ont simultanément présenté leur démission, redevenant de simples conseillers municipaux. Cette action d’éclat vise à protester contre une situation qu’ils jugent absurde.
Dans une lettre adressée aux habitants le 15 décembre, le désormais ancien maire dénonce “le monde à l’envers”. Il s’insurge contre le paradoxe administratif qui l’obligeait à célébrer l’union d’une personne frappée d’une mesure d’éloignement du territoire, sous peine de sanctions pénales.
Un dossier de mariage déposé en mars
L’affaire trouve son origine au printemps dernier. En mars 2025, la mairie reçoit une demande de mariage. Lors des auditions séparées réglementaires, les services municipaux découvrent que le futur époux est visé par une OQTF prononcée en 2022.
Les déclarations du candidat au mariage éveillent les soupçons des agents municipaux. Selon le maire, les motivations de l’homme semblaient davantage liées à une volonté de régularisation administrative qu’à un véritable projet matrimonial. Face à ces éléments, la municipalité décide d’alerter le parquet.
Une enquĂŞte qui ne confirme pas la fraude
Saisi du dossier, le procureur de Meaux Jean-Baptiste Bladier ordonne la suspension temporaire de l’union et mandate les services de police pour enquêter. Les investigations se prolongent plusieurs mois.
En juillet, le magistrat transmet sa réponse à la commune. Si les doutes exprimés par la mairie apparaissaient légitimes, l’enquête policière n’a pas permis de rassembler les preuves suffisantes d’une intention frauduleuse. Le procureur conclut donc que rien ne s’oppose légalement à la célébration du mariage.
Un conflit entre légalité et légitimité
Cette conclusion place les élus de Chessy dans une impasse. D’un côté, la préfecture a prononcé une mesure d’éloignement qui n’a jamais été appliquée. De l’autre, le maire se voit contraint de procéder à une union qu’il estime problématique.
Olivier Bourjot résume son dilemme avec amertume. Un préfet émet une décision qui reste lettre morte, mais un maire qui refuse d’accomplir son devoir s’expose à des poursuites judiciaires certaines. Cette contradiction insupportable a conduit l’ensemble de l’équipe municipale à choisir la démission plutôt que de se soumettre.
Une commune dans le vide administratif
La démission collective laisse Chessy dans une situation administrative inédite. Sans maire ni adjoints pour assurer les fonctions exécutives, la commune doit désormais trouver une solution de gouvernance provisoire.
Cette affaire soulève des questions plus larges sur l’articulation entre les décisions préfectorales et les obligations des officiers d’état civil. Elle illustre également les tensions croissantes autour de l’application effective des mesures d’éloignement du territoire.

En savoir plus sur Police & Réalités
Subscribe to get the latest posts sent to your email.








Nous saluons les élus civiques de cette commune de Seine-et-marne!