Accusé d’avoir détourné près de 360 000 € à la Sécurité sociale via de fausses ordonnances, un pharmacien marseillais a été relaxé ce 20 janvier 2026. Le tribunal a jugé les preuves de falsification insuffisantes.

Soupçonné d’une fraude massive à la Sécurité sociale, un pharmacien marseillais est relaxé
Le tribunal correctionnel de Marseille a rendu son délibéré ce mardi 20 janvier 2026. Hubert L., pharmacien du centre-ville, était poursuivi pour avoir supposément falsifié des centaines d’ordonnances. Faute d’éléments probants, les juges l’ont relaxé au bénéfice du doute, relate La Provence.
L’affaire semblait, sur le papier, accablante pour le professionnel de santé. Pourtant, c’est libre de toute condamnation qu’Hubert L. est ressorti du palais de justice ce matin. Deux semaines après sa comparution, le tribunal n’a pas été convaincu par l’accusation qui lui reprochait une escroquerie d’envergure au préjudice de la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM).
Un préjudice estimé à près de 360 000 euros
Les faits reprochés s’étalaient sur une période de deux ans, entre 2019 et 2021. La justice soupçonnait le pharmacien d’avoir mis en place un système frauduleux pour facturer des médicaments coûteux jamais délivrés ou indûment prescrits.
Au cœur du dossier : 162 ordonnances litigieuses, représentant un montant total de 359 509,10 euros. Ces prescriptions étaient établies au nom d’un ami du prévenu, médecin et chef de service à l’hôpital de La Conception. L’accusation soutenait que le pharmacien avait imité la signature du praticien pour se faire rembourser des traitements fictifs.
Des expertises graphologiques non concluantes
C’est sur la matérialité de la fraude que le dossier s’est effrité. Dans ses motivations, le tribunal a souligné la fragilité des preuves techniques. L’analyse des signatures apposées sur les ordonnances incriminées a été jugée « partielle ».
Les magistrats ont estimé qu’il était impossible d’affirmer avec certitude que le pharmacien était l’auteur des paraphes. L’hypothèse que ces documents aient pu être signés par d’autres médecins, internes ou assistants travaillant sous l’autorité du chef de service à l’hôpital, n’a pas pu être écartée.
De plus, l’enquête a révélé un point crucial en faveur de la défense : les patients interrogés ont confirmé avoir bel et bien reçu les traitements, contredisant ainsi la thèse de prescriptions de complaisance ou fictives avancée par le praticien hospitalier.
Le parquet et les parties civiles déboutés
Lors de l’audience du 6 janvier, le ministère public avait pourtant requis une sanction exemplaire : 24 mois de prison avec sursis, 55 000 euros d’amende et une interdiction d’exercer pendant cinq ans. Hubert L., tout en reconnaissant une gestion administrative parfois « peu orthodoxe » pour faciliter la vie de patients lourds, avait fermement nié toute intention frauduleuse.
En prononçant la relaxe, le tribunal a par conséquent rejeté les demandes d’indemnisation des parties civiles, à savoir la CPAM des Bouches-du-Rhône, l’Ordre national des pharmaciens et le médecin dont le nom apparaissait sur les ordonnances.
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L’authenticitĂ© d’une ordonnance est pourtant, en passant par le mĂ©decin prescripteur, une procĂ©dure simple efficace et rapide. Si j’ai bien compris, le Pharmacien n’Ă©tait pas le seul acteur de cette fraude massive.