À Marseille, deux policiers hors service ont été condamnés pour violences aggravées sur une serveuse et trois clients dans un snack de nuit. Prison dont une partie sous bracelet, interdiction d’exercer et de porter une arme : le tribunal détaille sa décision.

Marseille : prison dont une partie sous bracelet pour deux policiers jugés pour des violences dans un snack
Le tribunal correctionnel de Marseille a condamné deux policiers affectés en Police Secours pour des violences aggravées commises hors service, alors qu’ils étaient en état d’ivresse, sur une serveuse et trois clients d’un snack de nuit. Une partie de la peine sera aménagée sous bracelet électronique, et une interdiction d’exercer a été prononcée.
Une condamnation à deux ans, avec aménagement
Mercredi, le tribunal correctionnel de Marseille a reconnu coupables Anthony H., 31 ans, et Mehdi B., 37 ans, de violences aggravées. Les deux hommes ont été condamnés à deux ans d’emprisonnement, dont un an assorti d’un sursis probatoire.
La partie ferme d’un an devra être exécutée sous bracelet électronique. Le tribunal a également prononcé, pour chacun, une interdiction d’exercer la profession de policier et de porter une arme pendant cinq ans.
Les faits : une altercation qui dégénère dans un snack de nuit
Les faits remontent à juillet 2025. Selon les débats, les deux fonctionnaires — alors hors service — se rendent dans un snack vers 3 heures du matin, au cours d’une soirée présentée comme une crémaillère.
À leur arrivée, la serveuse venait de gérer un différend avec un client, évoqué comme ayant dérobé un couteau. Dans ce contexte, Anthony H., décrit comme très alcoolisé, sollicite des collègues pour tenter de poursuivre ce client.
“Donnez les images” : la serveuse bousculée, des clients frappés
Toujours selon les éléments examinés à l’audience, les deux policiers réclament avec insistance les images de vidéosurveillance. La serveuse, qui refuse, dit avoir été violemment poussée contre une vitrine et avoir reçu “une énorme gifle”.
Trois clients présents auraient ensuite tenté de calmer la situation. L’un d’eux s’adresse à Mehdi B. pour lui demander de se calmer, avant que le policier ne s’empare d’une matraque télescopique et ne porte des coups, d’après les constatations rapportées au tribunal.
Des vidéos au dossier et des réquisitions de prison ferme
Des enregistrements réalisés avec un téléphone, versés au dossier, ont été évoqués pendant l’audience. On y entend notamment : “C’est moi la police, c’est moi qui commande”, phrase citée dans le cadre des débats.
La procureure a fortement critiqué le comportement des deux prévenus et avait requis 23 et 24 mois de prison ferme. Elle a également interrogé leur maintien dans l’institution, en évoquant leurs antécédents judiciaires tels qu’exposés à l’audience.
Alcool, parcours et casier : ce qu’ont retenu les débats
Anthony H., ancien militaire, a reconnu un “problème avec l’alcool”, qu’il a relié à la mort d’un camarade lors d’une opération au Mali, selon ses déclarations. Il a également été indiqué à l’audience qu’il avait été refusé par la gendarmerie en raison d’un casier comportant plusieurs mentions, avant d’intégrer la police nationale en 2022.
Concernant Mehdi B., la procureure a évoqué des condamnations antérieures, notamment pour des faits de violences sur le compagnon d’une ex-épouse, tels que présentés lors des échanges à l’audience.
Un client relaxé au titre de la légitime défense
Un client poursuivi pour un coup de poing porté à Mehdi B. a été relaxé. Le tribunal a retenu la légitime défense, conformément aux réquisitions de la procureure sur ce point.
(Merci Laurent B.)
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