À Marseille et dans le Sud, la gendarmerie a démantelé un réseau international soupçonné d’importer de la cocaïne et de blanchir de l’argent au profit de mafias italiennes. Quatre interpellations en France, trois en Italie et des saisies de plusieurs millions d’euros d’avoirs.

À Marseille, un réseau soupçonné d’alimenter la mafia italienne en cocaïne et en blanchiment démantelé
Après une enquête ouverte en janvier 2023, les gendarmes de la section de recherches de Marseille, avec l’appui d’unités spécialisées et en coopération avec l’Italie et la Suisse, ont démantelé la branche française d’une organisation internationale. Plusieurs interpellations et des saisies d’avoirs criminels ont été réalisées, a indiqué le procureur de la République de Marseille.
Une opération coordonnée le 23 février
Selon le procureur de la République de Marseille, une opération menée simultanément le 23 février a mobilisé environ 60 militaires de la section de recherches (SR) de Marseille. Ils ont été appuyés notamment par le GIGN, l’unité nationale « cyber », des équipes cynophiles, ainsi que des effectifs de gendarmerie basés à Cannes et Hyères, relate Le Figaro.
Au total, quatre personnes ont été interpellées en France dans ce volet de procédure. Côté italien, trois autres personnes ont également été arrêtées dans le cadre de mandats d’arrêt européens délivrés par la France, a précisé le parquet.
Des avoirs criminels saisis : immobilier, luxe, cryptomonnaie
Les enquêteurs ont procédé à d’importantes saisies patrimoniales dans le cadre du dossier, toujours selon les éléments communiqués par le procureur. Plusieurs véhicules de luxe ont été saisis, ainsi que des biens immobiliers estimés à plus de 5 millions d’euros.
Les autorités ont aussi saisi de la cryptomonnaie évaluée à 60,000 euros et 26,000 euros en numéraire. L’enquête française a été conduite sous l’autorité de la JIRS de Marseille, juridiction spécialisée dans la criminalité organisée.
Une organisation soupçonnée de travailler pour la Camorra et la ’Ndrangheta
Les personnes interpellées sont soupçonnées d’avoir participé à une organisation internationale spécialisée dans l’importation de cocaïne depuis l’Amérique du Sud et dans le blanchiment d’argent. Les flux auraient bénéficié à des organisations mafieuses italiennes, dont la Camorra et la ’Ndrangheta.
La ’Ndrangheta, historiquement implantée en Calabre et réputée impliquée dans le trafic de cocaïne, est considérée par de nombreux services spécialisés comme l’une des structures criminelles les plus puissantes au monde.
Une enquête conjointe France–Italie–Suisse, avec Europol et Eurojust
D’après le parquet, les investigations ont démarré en janvier 2023 après un renseignement parvenu aux autorités suisses, orientant l’attention sur un ressortissant italien soupçonné de blanchir de l’argent « à grande échelle ». Une cellule d’enquête réunissant gendarmes français, carabiniers italiens et police fédérale suisse a ensuite été constituée, avec l’appui d’Europol et d’Eurojust.
Au fil des investigations, les enquêteurs ont notamment documenté des transports de stupéfiants effectués à bord de véhicules de luxe aménagés, intégrant des caches présentées comme sophistiquées. Les investigations financières ont, elles, mis en évidence des biens immobiliers dans les Alpes-Maritimes attribués au principal suspect et à sa compagne (décrite comme d’origine monténégrine), ainsi que l’existence de sociétés françaises et étrangères entretenant des liens financiers jugés suspects avec des entités italiennes, selon le procureur.
Le « déclic » venu du port d’Anvers en novembre 2025
Toujours selon les informations communiquées par le parquet, un élément déterminant est intervenu en novembre 2025, à la suite d’une vaste saisie de cocaïne en provenance d’Amérique latine réalisée par la douane belge au port d’Anvers.
Cette opération a permis d’établir des connexions entre plusieurs protagonistes italiens et monténégrins. Le blanchiment aurait été réalisé via des sociétés-écrans, l’usage de fausses factures et des investissements immobiliers, afin de dissimuler l’origine des fonds, d’après les éléments de l’enquête.
(Merci Fabrice Guérault)
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