Neuf policiers ont été condamnés à des peines allant jusqu’à deux ans de prison avec sursis pour des violences injustifiées commises sur des manifestants dans un fast-food parisien en décembre 2018. Découvrez l’issue de ce procès très attendu.

Affaire du fast-food parisien : la justice condamne neuf policiers pour violences
Le tribunal judiciaire de Paris a rendu son verdict concernant l’intervention controversée de la CRS 43 lors de l’acte III des Gilets jaunes en décembre 2018. Neuf fonctionnaires de police écopent de peines allant de 6 à 24 mois de prison avec sursis, la justice ayant estimé que l’usage de la force n’était ni nécessaire ni proportionné.
Des images accablantes
C’est une séquence de moins de trois minutes qui a cristallisé les débats. Le 1er décembre 2018, en marge d’une manifestation marquée par d’importants heurts dans la capitale, plusieurs personnes trouvent refuge dans un restaurant de l’avenue de Wagram. L’irruption des forces de l’ordre, filmée sous de multiples angles par les caméras de vidéosurveillance et un journaliste présent à l’extérieur, documente une série de frappes au sol.
Les magistrats ont pu visionner ces images à de nombreuses reprises durant les trois jours d’audience. Elles montrent des victimes, parfois recroquevillées ou protégeant leurs proches, recevant de multiples coups de matraque sans avoir eu l’opportunité d’évacuer les lieux. Pour le parquet, ces captations visuelles ont permis d’établir de manière incontestable la matérialité des faits, soulignant que le droit doit s’appliquer même dans les situations de maintien de l’ordre les plus complexes.
Un contexte opérationnel chaotique
Du côté de la défense, l’accent a été mis sur la difficulté extrême de cette journée de mobilisation. Les agents ont décrit une situation d’épuisement total, des ordres contradictoires émanant de leur hiérarchie et un sentiment d’abandon sur le terrain. Face à l’injonction de disperser des individus identifiés par la chaîne de commandement comme des casseurs, les policiers affirment avoir agi dans l’urgence.
Leurs avocats ont d’ailleurs plaidé la relaxe en insistant sur les conditions impossibles dans lesquelles évoluaient ces unités ce jour-là . Néanmoins, l’enquête a révélé qu’aucune dégradation majeure, hormis la porte d’entrée, n’avait été commise à l’intérieur de l’établissement par les personnes visées par l’intervention.
Un verdict symbolique
À l’issue d’un mois de délibéré, le tribunal a opté pour des condamnations s’étalant de 6 à 24 mois de prison avec sursis, des peines légèrement supérieures aux réquisitions pour certains prévenus, relate Le Parisien. Toutefois, ces sanctions s’accompagnent de mesures d’aménagement importantes : les condamnations ne seront pas inscrites au bulletin numéro 2 du casier judiciaire des agents, qui conservent par ailleurs leur autorisation de port d’arme.
Si les avocats des parties civiles saluent une décision prouvant qu’aucune immunité ne protège les dérives, ils regrettent néanmoins une forme de clémence dans la nature des peines prononcées. Le volet judiciaire n’est cependant pas totalement refermé. Les policiers ont la possibilité de faire appel, tandis qu’une procédure devant le tribunal administratif devra prochainement fixer le montant des indemnisations pour les victimes reconnues.
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