En une seule journée, 330 inspecteurs de l’Urssaf Île-de-France ont contrôlé 338 boutiques de vapotage et de réparation de téléphones dans 80 communes : résultat, un taux de fraude au travail dissimulé de 29,5%. Retour sur une opération choc.

Travail dissimulé : l’Urssaf Île-de-France frappe fort dans les commerces de vapotage et de réparation de téléphones
En une journée, 330 inspecteurs ont sillonné 80 communes franciliennes pour ausculter 338 boutiques spécialisées. Bilan : près d’un salarié sur trois travaillait dans l’illégalité. Une opération coup de poing qui révèle l’ampleur persistante du travail au noir dans deux secteurs en plein essor.
Une mobilisation totale sur le terrain
Tous les agents de contrôle de l’Urssaf Île-de-France étaient mobilisés ce jeudi, relate Le Parisien. Au total, 330 inspecteurs et contrôleurs ont été déployés dans les huit départements de la région, couvrant 80 communes dont deux arrondissements parisiens. Leur cible : les boutiques de cigarettes électroniques et les commerces de réparation de téléphones et d’autres appareils. En tout, 481 salariés ont été contrôlés dans 338 établissements. Ce type de déploiement massif est organisé une fois par an par la caisse régionale.
La scène qui résume tout
À Livry-Gargan, en Seine-Saint-Denis, l’intervention a pris une tournure saisissante. Alors que les inspecteurs procédaient au contrôle d’une boutique, une voix a soudainement retenti depuis le haut-parleur du système de vidéosurveillance. Le gérant de la société, informé en temps réel de la présence des agents, tentait d’instruire son employé à distance : il lui demandait de déclarer travailler seulement deux jours par mois. Le message a été entendu de tous. Résultat immédiat : un nouveau cas de travail dissimulé consigné dans les procès-verbaux.
Un taux de fraude de 29,5% en moyenne
Le bilan publié le lendemain est sans équivoque. Les inspecteurs ont relevé 62 cas avérés de travail dissimulé — des salariés non déclarés auprès des organismes sociaux — ainsi que 38 suspicions de minoration des heures de travail, une pratique par laquelle l’employeur sous-déclare le temps de travail réel pour réduire ses cotisations. Cela représente un taux de fraude moyen de 29,5%, chiffre encore susceptible d’évoluer à l’issue des vérifications complémentaires menées après les contrôles de terrain.
Le Val-de-Marne et Paris en tĂŞte des infractions
Département le plus touché, le Val-de-Marne affiche un taux alarmant : les deux tiers des 23 salariés contrôlés étaient en situation irrégulière. Paris arrive en deuxième position avec 38% des 155 personnes vérifiées concernées par une infraction. La Seine-Saint-Denis et l’Essonne se retrouvent à égalité, avec un taux de 32% portant respectivement sur 108 et 60 salariés contrôlés.
« L’Île-de-France n’est pas plus fraudogène qu’une autre région, mais elle est beaucoup plus dense en salariés et en entreprises », tient à souligner Pierre Gallet, directeur du contrôle à l’Urssaf Île-de-France.
Des secteurs ciblés selon un plan national
Le choix de ces commerces s’inscrit dans le cadre du plan national de lutte contre le travail illégal, décliné chaque année sur de nouvelles activités. Les années précédentes, les inspecteurs s’étaient concentrés sur les ongleries, instituts de beauté, salons de coiffure et de massage, puis sur la restauration — avec des taux de fraude similaires, autour de 30%. Les établissements retenus cette année ont été identifiés à partir des fichiers de l’organisme, et un repérage discret avait été effectué les jours précédant l’opération afin de s’assurer de leur ouverture au moment des contrôles.
Un outil numérique au cœur du dispositif
Sur le terrain, les agents s’appuient sur Pora, le portail d’applications de l’Urssaf. À partir du numéro Siret d’un établissement — obligatoirement présent sur les tickets de caisse ou les facturettes de carte bancaire — ils accèdent instantanément à l’ensemble des informations relatives à la société : identité du dirigeant, salariés déclarés, contrats en cours, niveaux de rémunération. « Si on n’y trouve pas un employé, c’est qu’il n’a pas été déclaré », résume la responsable du contrôle. En cas d’infraction confirmée, l’employeur s’expose à un redressement des cotisations sociales pouvant remonter jusqu’à cinq ans.
Des salariés en règle… et soulagés
Tous les salariés contrôlés ne sont pas en situation irrégulière — loin de là . À Meaux, en Seine-et-Marne, Mariana, 33 ans, horlogère et vendeuse en CDI depuis 2019, a accueilli l’intervention avec une tranquillité déconcertante : bulletin de paie, contrat, jours de repos, tout était en ordre. « Ce contrôle, je sais que c’est dans mon intérêt. Ça me rassure », a-t-elle confié aux agents avant de signer le procès-verbal. À Paris, dans une boutique de réparation proche du Moulin-Rouge, Ahmed, 44 ans, a lui aussi vu l’ensemble de sa situation validée par le portail Pora — et n’a pas dissimulé son soulagement au moment du départ des inspecteurs.
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Il n’y a rien d’Ă©tonnant en ĂŽle de France…. Bien sĂ»r il y a une plus forte population, mais il y a surtout beaucoup d’Ă©trangers, donc facile de frauder…