Des greffières en situation de handicap du tribunal judiciaire de Lyon dénoncent harcèlement et discrimination de la part d’un cadre administratif toujours en poste. L’une d’elles avoue avoir frôlé le drame. Le tribunal affirme avoir traité ces signalements.

Lyon : des greffières handicapées dénoncent harcèlement et discrimination au sein du tribunal judiciaire
Plusieurs agentes de greffe en situation de handicap au tribunal judiciaire de Lyon ont publiquement témoigné de faits graves de discrimination et de harcèlement imputés à un cadre administratif de l’institution. La justice administrative a été saisie. Le mis en cause est toujours en fonctions.
Des agentes fragilisées, des accusations lourdes
Plusieurs greffières employées au tribunal judiciaire de Lyon ont décidé de rompre le silence, rapporte BFMTV. Handicapées à des degrés divers, elles affirment avoir été victimes de comportements discriminatoires et humiliants de la part d’un cadre administratif de l’établissement. Leurs témoignages, recueillis par des médias locaux, dressent un tableau préoccupant des conditions de travail imposées à des agents déjà fragilisés par leur état de santé.
L’une des plaignantes a été particulièrement éprouvée. Partiellement paralysée à la suite d’un accident vasculaire cérébral, elle a dû réapprendre à écrire de la main gauche et présente des difficultés persistantes à la marche. Malgré ce contexte médical reconnu, elle dit avoir été affectée successivement à cinq services distincts sur une période très courte, l’obligeant à des déplacements physiques répétés entre différents étages et bâtiments. « J’avais l’impression que dix jours équivalaient à douze mois », a-t-elle confié, estimant que ces mutations à répétition visaient délibérément à la contraindre à démissionner.
Au bord du gouffre après un entretien avec le cadre mis en cause
La situation a atteint son paroxysme lors d’un entretien avec ce responsable administratif. À l’issue de cette rencontre, la greffière affirme avoir été submergée par une détresse psychologique extrême, au point d’évoquer une pensée suicidaire au cinquième étage du bâtiment. « Heureusement, des collègues ont pu intervenir à temps », a-t-elle précisé, soulignant que leur présence lui avait été salvatrice.
Une collègue corrobore ces faits et apporte un éclairage complémentaire. Elle accuse le même cadre d’avoir arbitrairement dégradé ses évaluations lorsqu’elle était encore stagiaire à l’École nationale des greffes. Des appréciations initialement positives — mentionnant des résultats « bons » voire « très bons » — auraient été revues à la baisse sans justification objective, selon ses déclarations.
La voie pénale jugée impraticable, le recours administratif privilégié
Face à ces témoignages, un avocat du barreau de Lyon a choisi de saisir la justice administrative. Il justifie ce choix par la quasi-impossibilité, selon lui, de porter l’affaire sur le terrain pénal : la proximité institutionnelle entre magistrats et personnel du tribunal rendrait, à ses yeux, toute poursuite criminelle illusoire au sein même de cette juridiction.
Le tribunal judiciaire de Lyon, de son côté, a reconnu avoir reçu des signalements. Dans une réponse officielle, l’institution indique que « deux stagiaires ont signalé des difficultés au cours de leur stage » et assure que « ces situations ont été prises en compte et traitées avec la plus grande attention, tant par le référent handicap que par la hiérarchie ». Une réponse que les plaignantes et leur avocat jugent insuffisante.
Le cadre administratif toujours en poste
L’élément qui cristallise les critiques reste la situation professionnelle du mis en cause : à ce jour, le cadre administratif visé par ces accusations occupe toujours ses fonctions au sein du tribunal judiciaire de Lyon. Aucune mesure de suspension ni de mise à l’écart n’aurait été prononcée dans l’attente de l’issue de la procédure administrative en cours.
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C’est affolant !!
Comment peut-on laisser en place un individu qui s’en prend aux employĂ©es handicapĂ©es…