Le 3 mai 2026 à Oye-Plage, des gendarmes ont lacéré un canot de migrants. Utopia 56 dénonce une violence illégale, la gendarmerie parle d’intervention légale. La polémique enfle.

Oye-Plage : une vidéo de gendarmes lacérant un canot de migrants soulève une vive controverse
Filmée le 3 mai 2026 sur le littoral du Pas-de-Calais, une intervention de gendarmes sur une embarcation transportant des migrants candidats à la traversée de la Manche a déclenché une polémique nationale. Entre dénonciation de violences illégales et défense d’une procédure réglementaire, les positions restent irréconciliables.
Une scène filmée sur la plage d’Oye-Plage
En début de matinée du 3 mai 2026, quatre gendarmes ont couru en direction d’un canot pneumatique surchargé sur la plage d’Oye-Plage, dans le Pas-de-Calais. À son bord, une quinzaine de personnes exilées s’apprêtaient à tenter la traversée de la Manche vers le Royaume-Uni. L’intervention a été intégralement captée par Alexandre Delebarre, bénévole en maraude pour l’association Utopia 56 entre Calais et Dunkerque, relate France Info.
Selon ce témoin direct, les gendarmes auraient suivi le groupe pendant près de trois quarts d’heure avant d’agir. « Ils se sont mis à courir très rapidement, d’un coup, sans prévenir », raconte-t-il. Sa démarche de documentation visait, selon ses propres termes, à rendre compte des conditions d’intervention des forces de l’ordre aux abords de la frontière maritime.
Utopia 56 dénonce une pratique dangereuse et illégale
Diffusée sur les réseaux sociaux par l’association, la vidéo a immédiatement suscité l’indignation de plusieurs acteurs associatifs. Utopia 56 y voit une démonstration flagrante d’une méthode qu’elle considère à la fois dangereuse et contraire au droit : des agents auraient percé l’embarcation alors que des personnes s’y trouvaient encore.
Angela Vettorello, coordinatrice d’Utopia 56 à Calais, estime que cette scène « illustre parfaitement la répression en place sur le littoral ». Elle cite d’autres pratiques régulièrement signalées aux bénévoles : usage de gaz lacrymogène à proximité de l’eau, perforation de canots en mer. Des méthodes que l’association impute directement aux orientations politiques nationales en matière de contrôle migratoire.
Si aucun blessé n’a été déploré lors de cet incident, Utopia 56 a néanmoins saisi la Défenseure des droits et déposé un signalement auprès de l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN).
La gendarmerie du Pas-de-Calais réfute toute illégalité
Le général commandant la gendarmerie du Pas-de-Calais a tenu à apporter une réponse publique circonstanciée. Pour les autorités, le canot n’était pas à flot au moment de l’intervention : il s’agissait d’une embarcation échouée, présentant une avarie rendant toute mise à l’eau impossible en l’état. Les gendarmes mobiles, agissant à la demande de la gendarmerie maritime, auraient alors procédé à sa « neutralisation » afin d’éviter une tentative de traversée et les risques mortels qui y sont associés.
Cette distinction est juridiquement déterminante. Le cadre légal en vigueur autorise depuis décembre 2026 les interceptions maritimes par la gendarmerie maritime dans une bande côtière de 300 mètres, mais réserve aux unités terrestres une compétence strictement limitée au domaine terrestre. Si l’embarcation était bel et bien échouée sur le sable, l’intervention resterait dans les limites légales. C’est précisément ce point que les images, selon leur angle de prise de vue, ne permettent pas de trancher avec certitude.
Un accord franco-britannique en toile de fond
Cette polémique émerge dans un contexte politique chargé, deux semaines après la signature d’un accord bilatéral franco-britannique sur la sécurisation de la frontière nord. Londres s’est engagé à verser 766 millions d’euros pour renforcer les moyens policiers du côté français. À terme, jusqu’à 1 400 forces de l’ordre supplémentaires pourraient être déployées sur le littoral d’ici 2029.
Les élus locaux, pourtant en première ligne face aux flux migratoires, déplorent d’avoir été tenus à l’écart des négociations. Pierre-Henri Dumont, maire LR de Marck, regrette publiquement l’absence de consultation sur les besoins opérationnels concrets du territoire. Il n’hésite pas à pointer la responsabilité du ministre de l’Intérieur Laurent Nunez, qu’il juge peu investi sur ce dossier depuis plusieurs années. À Oye-Plage, la présence des forces de l’ordre est désormais une réalité quotidienne.
En savoir plus sur Police & Réalités
Subscribe to get the latest posts sent to your email.







Bravo et merci aux gendarmes.
Il vaut mieux lacéré une embarcation, plutôt que d’aller rechercher des disparus, et ramener des cadavres.
C’est encore des têtes pensantes dans cette organisation, avec des idées de gauche.
Félicitations aux gendarmes ils certainement sauvées des vies.