Une gardienne de 16 ans du FC Saint-Lô hospitalisée après une violente agression par des supportrices lors d’une demi-finale de Coupe de Normandie au Havre. L’indignation est totale.

Coupe de Normandie : une gardienne de 16 ans sauvagement agressée par des supportrices au Havre
Une joueuse de football mineure se retrouve à l’hôpital avec un traumatisme crânien et le nez fracturé après avoir été violemment attaquée par un groupe de jeunes filles en marge d’une demi-finale de Coupe de Normandie. Les faits, survenus au Havre, provoquent une vive émotion dans le monde du football féminin normand.
Une demi-finale vire au drame
Samedi après-midi, au Havre, en Seine-Maritime, le match opposant les U18 du FC Saint-Lô à l’équipe havraise en demi-finale de la Coupe de Normandie féminine devait se terminer sur une note sportive, même défavorable aux Manchoises. Il s’est achevé dans la violence et le traumatisme, relate Le Parisien.
Dès le coup d’envoi, un petit groupe de jeunes filles positionné derrière le but de la gardienne saint-loïse, âgée de 16 ans, commence à l’invectiver et à l’insulter de manière répétée. La joueuse, visiblement affectée, en informe l’arbitre, qui intervient et demande au groupe de cesser ses provocations. Un membre du staff havrais tente lui aussi de calmer les esprits, sans succès durable.
Attaque soudaine à la 75e minute
À la 75e minute de jeu, alors que le score affiche 8 à 0 en faveur des Havraises et que tout enjeu sportif a disparu, le ballon sort en touche derrière le but manchois. Au moment où la gardienne s’apprête à le récupérer, le groupe bascule dans la violence physique : plusieurs jeunes filles se jettent sur elle, la frappant à coups de pied et de poing, avant de s’éloigner en la laissant effondrée sur la pelouse.
La joueuse perd connaissance sous la violence des coups. Les secours, rapidement alertés, interviennent et la transportent en urgence à l’hôpital. Les examens médicaux révèlent un traumatisme crânien, une fracture du nez et des contusions sévères aux membres inférieurs. Ses parents, présents dans les tribunes au moment de l’agression, ont immédiatement déposé plainte auprès des autorités. À ce jour, les agresseures présumées n’ont pas encore été formellement identifiées.
Un club sous le choc, un président bouleversé
Denis Lavalley, président du FC Saint-Lô, n’a pas caché son émotion. Père de famille lui-même, il a exprimé sa stupéfaction face à la brutalité des faits. Son club a aussitôt affiché son soutien sans réserve à la jeune joueuse, soulignant qu’elle pouvait compter sur la solidarité de l’ensemble de ses coéquipières et du staff. Il a également adressé un appel solennel à la Ligue de Normandie de Football pour que des mesures fortes soient prises, estimant que l’indifférence institutionnelle n’était pas une option face à une telle gravité.
La Ligue de Normandie saisie en urgence
La Ligue de Normandie a réagi en convoquant une commission de discipline fixée au 23 juin prochain. Celle-ci devra statuer sur d’éventuelles sanctions à l’encontre du club havrais, organisateur du match et donc responsable de la sécurité sur son site. Les sanctions envisagées pourraient inclure la défaite sur tapis vert et l’exclusion de la compétition.
Romain Féret, président de la Ligue, a condamné fermement ces actes, qualifiés d’« inqualifiables », tout en rappelant la nécessité d’attendre l’ensemble des éléments avant de se prononcer définitivement. Il a souligné le caractère particulièrement exceptionnel de la situation, précisant que les violences sur les terrains normands étaient globalement en recul ces derniers temps, ce qui rend cet épisode d’autant plus choquant.
Violence dans le sport féminin : un signal d’alarme
Cet événement met en lumière une réalité encore trop souvent minimisée : le football féminin, et plus largement le sport amateur féminin, n’est pas à l’abri des débordements violents. Alors que le foot féminin connaît un essor notable en France ces dernières années, cet incident rappelle que la sécurité des joueuses, y compris les mineures, doit faire l’objet d’une attention permanente de la part des clubs organisateurs et des instances fédérales.
Les suites judiciaires de la plainte déposée par la famille de la victime permettront, le moment venu, de déterminer les responsabilités pénales dans cette affaire.
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