Un ex-dentiste portugais condamné à 6 ans de prison à Mende pour avoir arraché des dents saines à 44 patients et escroqué la Sécurité sociale de 330 000 €.

Un ex-dentiste condamné à six ans de prison pour avoir mutilé des dizaines de patients en Lozère
Un praticien de 61 ans a été reconnu coupable, jeudi 7 mai 2026 par le tribunal correctionnel de Mende, de violences ayant entraîné des mutilations permanentes, d’escroquerie à la Sécurité sociale, d’abus de confiance et de blanchiment. Quarante-quatre victimes ont été officiellement identifiées. Le condamné est frappé d’une interdiction définitive d’exercer et d’une expulsion du territoire français.
Six ans ferme et un mandat de dépôt immédiat
Après trois heures de délibéré, le président du tribunal correctionnel de Mende, Yves Gallego, a prononcé jeudi une peine de six ans d’emprisonnement ferme à l’encontre de José Pereira Mendes, relate Le Populaire du Centre. L’homme, de nationalité portugaise, a été emmené sur-le-champ par les forces de l’ordre, sans réaction apparente à l’annonce du verdict. Le tribunal a également ordonné son interdiction définitive d’exercer la profession de chirurgien-dentiste, ainsi que son interdiction permanente de séjour sur le territoire français.
Des actes médicalement injustifiables entre 2018 et 2021
Installé comme dentiste libéral dans la région de Mende de 2018 à début 2021, le praticien est accusé d’avoir systématiquement arraché des dents saines à ses patients pour y poser des implants défectueux, sans aucune nécessité médicale avérée. Le procureur a décrit un professionnel ayant « mortifié la dentition de dizaines de patients en si peu de temps », leur infligeant un « travail inutile, bâclé et risqué », et leur arrachant au passage toute dignité.
La défense a tenté de présenter son client comme un praticien convaincu de la justesse de ses actes, agissant « en son âme et conscience » sans intention lucrative. Une version fermement rejetée par les avocates des parties civiles, qui ont résumé la méthode du dentiste en trois mots : « Arracher, implanter, facturer. »
Des témoignages glaçants à la barre
Le procès a donné lieu à des témoignages particulièrement éprouvants. Anabela, 47 ans, a relaté être venue consulter pour un simple abcès et être repartie sans aucune dent. Sa fille de 28 ans, Raquel, a décrit une mère réduite à une alimentation mixée et poussée au bord du désespoir. Daniela, 34 ans, a confié avec émotion que son mari de 41 ans était désormais contraint de manger « comme un bébé de 12 mois ». Pierre, 54 ans, a évoqué « une boucherie » : quatorze dents extraites en l’espace de deux heures.
L’avocate de l’Ordre des chirurgiens-dentistes a pour sa part souligné que le condamné avait « tristement illustré pourquoi la moitié des Français ne consultent pas leur dentiste », estimant qu’il avait jeté le discrédit sur toute une profession.
Un préjudice considérable pour la Sécurité sociale
Au-delà des séquelles physiques et psychologiques subies par les victimes, l’affaire révèle une fraude massive aux organismes de protection sociale. La Sécurité sociale a recensé 1 234 anomalies de facturation dans 131 dossiers patients, pour un préjudice global estimé à plus de 330 000 euros. Si 44 victimes ont été formellement reconnues dans le cadre de l’instruction judiciaire, leur nombre réel pourrait être sensiblement plus élevé.
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Ce qui est étonnant, c’est que la sécurité sociale rembourse sans se poser de questions ?? En principe, un dentiste n’arrache jamais 14 dents en une seule fois….