La maire de Bouffémont a porté un maillot PSG floqué au nom de Rédoine Faïd. Le parquet de Pontoise ouvre une enquête pour outrage et apologie de crime.

Maillot PSG au nom de Rédoine Faïd remis à une maire : le parquet de Pontoise ouvre une enquête pour outrage et apologie de crime
Une vidéo virale filmée lors des célébrations de la victoire du PSG en finale de la Ligue des Champions a plongé la commune de Bouffémont, dans le Val-d’Oise, dans une polémique judiciaire. La maire, également policière municipale, a été filmée en train d’enfiler un maillot frappé du nom du grand criminel Rédoine Faïd. La justice a décidé d’agir.
Une scène filmée lors des célébrations du PSG
Le samedi 30 mai 2026, au soir du sacre du Paris Saint-Germain en finale de la Ligue des Champions, des scènes de liesse se sont déroulées dans plusieurs villes d’Île-de-France, dont Bouffémont. C’est dans ce contexte festif que Karine Okonski, maire divers droite de la commune et policière municipale de profession, s’est retrouvée entourée d’un groupe de jeunes en pleine euphorie.
L’un d’eux lui a alors tendu un maillot du club de la capitale. L’élue l’a enfilé sur le moment, affirmant dans un communiqué ne pas avoir « prêté attention au nom floqué dans le dos du t-shirt ». La séquence, rapidement diffusée sur les réseaux sociaux, a suscité une vive indignation : le maillot portait le nom de Rédoine Faïd, l’un des criminels les plus célèbres de France.
Qui est Rédoine Faïd ?
Originaire de Creil, dans l’Oise, Rédoine Faïd est un braqueur multirécidiviste connu pour ses évasions spectaculaires et sa longue carrière criminelle. Son nom reste indissociable d’un épisode tragique : en 2010, lors d’un braquage raté à Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne), la policière municipale Aurélie Fouquet, âgée de seulement 26 ans, avait été tuée par balles. Cette affaire avait marqué durablement l’ensemble de la communauté des forces de l’ordre françaises.
Le parquet de Pontoise ouvre une enquête préliminaire
Face à l’ampleur de la diffusion de la vidéo et à l’émotion générée, le procureur de la République de Pontoise, Guirec Le Bras, a annoncé l’ouverture d’une enquête préliminaire, relate La Gazette du Val d’Oise. Deux qualifications pénales sont visées : l’outrage à personne dépositaire de l’autorité publique et l’apologie de crime.
Dans un communiqué, le magistrat a estimé que « le fait de remettre à un élu un tel maillot, par l’émoi qu’une telle scène a pu susciter, est de nature à porter atteinte à sa dignité et au respect dû à ses fonctions ». Il a également relevé la « possible bienveillance ou valorisation » de l’action d’un individu condamné pour des crimes graves. L’enquête a été confiée à la compagnie de gendarmerie de Montmorency.
La maire assume son manque de vigilance
Vivement critiquée par le Syndicat de Défense des Policiers Municipaux (SDPM), Karine Okonski a reconnu publiquement avoir « manqué de vigilance », tout en insistant sur la rapidité avec laquelle les faits s’étaient enchaînés. « Tout est allé très vite », a-t-elle expliqué.
L’élue a tenu à réaffirmer ses valeurs en tant que représentante de la République et fonctionnaire de police : elle a indiqué qu’elle ne tolérerait « jamais que l’on puisse rendre hommage à un assassin ». Un message clair, destiné à couper court aux accusations de complaisance.
Un acte délibéré selon la justice
L’ouverture de cette enquête envoie un signal fort : tendre délibérément un tel maillot à une élue ne relève pas de la simple plaisanterie. Les auteurs de ce piège filmé s’exposent désormais à des poursuites pénales, dans un contexte où les atteintes aux élus et aux représentants de l’autorité publique sont de plus en plus sévèrement sanctionnées par les tribunaux français.
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