Des centaines d’habitants de Morlaix ont reçu de faux SMS de convocation policière. Le commissariat saturé, une enquête est ouverte. Comment reconnaître l’arnaque ?

Faux SMS de convocation au commissariat de Morlaix : des centaines de personnes piégées, une enquête ouverte
Les 9 et 10 juin 2026, une campagne massive de faux SMS de convocation policière a semé la panique dans le secteur de Morlaix, dans le Finistère. Des centaines d’habitants ont cru devoir se rendre d’urgence au commissariat. Une enquête judiciaire est désormais ouverte pour identifier les auteurs de cette opération de smishing inédite par son ampleur.
Un commissariat paralysé par des centaines de faux messages
Mardi 9 juin 2026, les téléphones se mettent à sonner dans tout le secteur de Morlaix. Des dizaines, puis rapidement des centaines d’habitants reçoivent un SMS les sommant de se présenter au commissariat de police dans la journée même. Le message précise une heure de convocation — 13h15 — et mentionne une prétendue enquête ouverte en avril 2026, relate Ouest-France.
Le ton est autoritaire, les détails semblent crédibles. Pris de court, de nombreux administrés paniqués se présentent physiquement au commissariat ou inondent le standard téléphonique. En quelques heures, le service se retrouve saturé, les agents détournés de leurs missions habituelles pour gérer un afflux incontrôlable d’appels et de visites.
Un message trompeur, mais pas sans failles
Ce qui rend cette arnaque particulièrement redoutable, c’est l’utilisation du nom d’un véritable officier de police judiciaire (OPJ) en activité. En empruntant l’identité d’un agent réel, les escrocs ont considérablement renforcé la crédibilité de leurs messages, amplifiant d’autant la panique chez les destinataires.
Pourtant, plusieurs indices auraient dû alerter les lecteurs attentifs. Une habitante de Morlaix, âgée de 29 ans, qui reçoit le SMS le mercredi 10 juin à 12h45, en fait l’expérience. Elle repère immédiatement une faute d’orthographe dans le corps du message, puis remarque une injonction pour le moins singulière : il lui est expressément demandé de ne pas contacter le commissariat. Une mention absurde dans le cadre d’une convocation officielle authentique, qui lui met la puce à l’oreille. Méfiante, elle ne donne pas suite.
À retenir : la police et la gendarmerie ne convoquent jamais par SMS. Toute convocation judiciaire officielle est remise en mains propres, à domicile, par courrier recommandé ou par huissier de justice.
« Il y a une volonté de nuire »
Le commandant Renaud Moal, responsable du commissariat de Morlaix, ne mâche pas ses mots face à l’ampleur des faits : « Il y a une volonté de nuire. » Au-delà de la panique semée parmi la population, c’est bien le fonctionnement même du service qui a été perturbé pendant plusieurs heures, avec des agents contraints de gérer un afflux anormal au détriment de leurs missions prioritaires.
Une enquête judiciaire a été ouverte pour identifier les auteurs de cette campagne de smishing — contraction de SMS et phishing — visant à usurper l’autorité de la police nationale.
Que faire si vous avez reçu ce type de SMS ?
• Ne rappeler en aucun cas le numéro indiqué dans le message
• Ne pas se déplacer au commissariat sans avoir vérifié l’information directement auprès des autorités, via le numéro officiel
• Signaler le message sur cybermalveillance.gouv.fr ou en transférant le SMS au 33700 (signalement gratuit des spams)
• Conserver le message comme preuves
• En cas de communication de données personnelles ou de versement d’argent, déposer plainte sans délai au commissariat ou en gendarmerie
Des peines lourdes pour les auteurs
Cette escroquerie s’inscrit dans une tendance plus large : si les faux mails de convocation judiciaire pour prétendue détention de contenus illicites sont désormais bien documentés, cette variante exploite les noms d’agents en activité, ce qui la rend bien plus convaincante et dangereuse.
Sur le plan juridique, les auteurs s’exposent à un arsenal de sanctions pénales : escroquerie (art. 313-1 du Code pénal), usurpation de fonctions d’agent public (art. 433-12 et 433-13), faux et usage de faux (art. 441-1), et usurpation d’identité numérique (art. 226-4-1). Des infractions cumulables passibles, théoriquement, de plusieurs années d’emprisonnement.
(Merci Yann Bourguignon)
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Bonjour,
On ne signale pas de message sur Cybermalveillance.gouv.fr. Ce n’est pas dans ses missions…