Un policier du commissariat de Rouen mis en examen pour avoir vendu des fichiers confidentiels et levé des immobilisations contre rémunération. Deux suspects en bande organisée.

Un policier de Rouen mis en examen pour trafic de fichiers confidentiels de la police
Un gardien de la paix du commissariat principal de Rouen comparaît devant un juge d’instruction après avoir été soupçonné de vendre des données issues de fichiers de police et de procéder à des levées d’immobilisation illégales contre rémunération. Une affaire révélée grâce au nouveau dispositif de surveillance des usages anormaux des fichiers, déployé par l’IGPN.
Un fonctionnaire au cœur d’un réseau de corruption
Dans la soirée du jeudi 11 juin 2026, un policier de 45 ans affecté au commissariat principal de Rouen (Seine-Maritime) a été mis en examen pour corruption. L’information, initialement révélée par la rédaction locale d’ICI Normandie, a été officiellement confirmée par le procureur de la République de Rouen, Sébastien Gallois.
Ce gardien de la paix, dont les fonctions ne justifiaient pas un accès aussi intensif aux bases de données policières, est soupçonné d’avoir consulté illégalement des fichiers confidentiels de la police nationale et de s’être fait rémunérer pour transmettre ces informations à un tiers. Il a également procédé à des levées d’immobilisation de véhicules sur l’ensemble du territoire, contre paiement. Déjà suspendu par sa hiérarchie à titre conservatoire, il a été placé sous contrôle judiciaire à l’issue de sa mise en examen.
Près de 2 500 fichiers consultés, plus de 700 véhicules débloqués
L’affaire remonte à juillet 2025, date à laquelle la direction interdépartementale de la police nationale de la Seine-Maritime transmet un signalement au parquet de Rouen. Les premières constatations sont édifiantes : le fonctionnaire aurait consulté près de 2 500 fichiers de police et procédé à plus de 700 levées d’immobilisation sur tout le territoire national — des chiffres sans commune mesure avec les attributions de son poste.
Les investigations révèlent également que ces actes ont été rémunérés pour un montant total estimé à plusieurs dizaines de milliers d’euros. Une partie de cette somme a été saisie dans le cadre de l’enquête.
Une commanditaire identifiée en région lyonnaise
Derrière ces consultations massives se trouve une femme de 27 ans, identifiée en région lyonnaise. Soupçonnée d’avoir servi d’intermédiaire, elle aurait acheté les informations au policier pour les revendre ensuite à ses propres clients, constituant ainsi une chaîne de monnayage de données issues de fichiers d’État.
Le 10 juin, les deux suspects sont placés en garde à vue. Présentés à un juge d’instruction de Rouen le lendemain, ils ont tous deux été mis en examen pour corruption, détournement et complicité de détournement de finalité d’un système de traitement automatisé de données mis en œuvre par l’État, violation du secret professionnel et blanchiment — le tout en bande organisée, précise le procureur de la République.
L’IGPN au cœur de la détection
Cette affaire est l’une des premières à émerger grâce au dispositif de détection des usages anormaux des fichiers policiers, récemment déployé par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). Dès la réception du signalement en juillet 2025, le parquet a saisi l’antenne de l’IGPN à Rennes, qui a mené les investigations préliminaires ayant permis de cerner l’ampleur des faits.
L’enquête se poursuit désormais sous l’autorité d’un juge d’instruction, laissant présager que d’autres ramifications pourraient encore être mises au jour.
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