Une aide-soignante de 40 ans a été assassinée à son domicile de Suèvres. Son conjoint, interpellé en état d’ivresse, est mis en cause. Leurs quatre enfants étaient présents.

Suèvres (Loir-et-Cher) : une aide-soignante tuée à son domicile, son conjoint mis en cause pour assassinat
Une femme de 40 ans a été mortellement poignardée dans la nuit de jeudi à vendredi à son domicile de Suèvres, près de Blois. Son compagnon, âgé de 50 ans, a été interpellé quelques heures après les faits. Leurs quatre enfants mineurs se trouvaient dans la maison au moment du drame. Une enquête pour assassinat a été ouverte dans un contexte de violences conjugales documentées.
Un appel de la fille aînée donne l’alerte
C’est peu après minuit que les gendarmes ont reçu un appel téléphonique de la fille aînée du couple, alors âgée de 16 ans, relate Le Figaro. La jeune fille signalait que son père venait de porter plusieurs coups de couteau à sa mère au sein même de la maison familiale. À leur arrivée sur les lieux, les secours ont découvert les quatre enfants du couple — âgés de 4 à 16 ans — réfugiés à l’étage, dans une chambre.
La victime, aide-soignante de profession, présentait de multiples plaies par arme blanche, dont plusieurs localisées dans des zones vitales. Malgré l’intervention rapide des équipes de réanimation, la femme de 40 ans est décédée à 1h38 du matin. Le procureur de la République de Blois, Stéphane Javet, a confirmé les faits dans un communiqué officiel.
Le suspect interpellé en état d’ivresse
Le compagnon de la victime a été localisé et interpellé vers 3h45 à Blois par les forces de l’ordre, en état d’ivresse manifeste. Placé en garde à vue, il a dû être hospitalisé au bout de quelques heures en raison d’une suspicion de pneumothorax. Son état est décrit comme stable et il est placé sous surveillance des gendarmes. Il sera de nouveau placé en garde à vue dès que son état de santé le permettra, préalablement à l’ouverture probable d’une information judiciaire.
Un contexte de séparation et de jalousie
Selon les premiers éléments recueillis par le parquet, le drame s’inscrit dans un contexte de rupture conjugale marqué par une « forte jalousie » du suspect. La victime était sur le point de quitter définitivement le domicile familial avec ses enfants pour intégrer un logement social qui lui avait été attribué. Ce projet d’émancipation semble avoir constitué l’élément déclencheur.
La femme avait, par le passé, fait état de violences psychologiques répétées ainsi que d’épisodes de violences physiques ponctuels, notamment en novembre 2025. Elle avait officiellement déposé plainte le 28 janvier 2026 pour ces faits. Une enquête pour violences au sein du couple était d’ailleurs déjà en cours depuis février 2026, à la suite d’un signalement effectué par l’aide sociale à l’enfance.
Les quatre enfants confiés à l’ASE
Au lendemain du drame, les quatre enfants mineurs ont été provisoirement confiés à l’aide sociale à l’enfance et pris en charge par une unité pédiatrique de l’hôpital de Blois. Une solution de placement familial est en cours de recherche afin de garantir leur suivi sur le long terme.
Une autopsie a été programmée dans la soirée du vendredi pour déterminer précisément les causes et circonstances du décès. « L’enquête devra déterminer précisément le déroulement des faits et leur contexte », a précisé le procureur Javet.
Féminicides : une hausse préoccupante en France
Ce féminicide conjugal intervient dans un contexte national alarmant. Selon les derniers chiffres officiels publiés à l’automne 2025, le nombre de femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint a progressé de 11% entre 2023 et 2024, atteignant 107 victimes sur l’ensemble du territoire français. Un chiffre qui témoigne de l’urgence d’une réponse judiciaire et sociale renforcée face aux violences intrafamiliales.
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