La justice administrative lève l’interdiction préfectorale visant le concert de LFI place de la République. Les risques d’ordre public jugés insuffisamment prouvés.

Concert de LFI pour la Fête de la musique : la justice administrative contredit la préfecture de Paris
Le tribunal administratif de Paris a autorisé vendredi le concert organisé par La France insoumise pour la Fête de la musique, annulant l’arrêté préfectoral d’interdiction. Les magistrats ont estimé que les risques de troubles à l’ordre public invoqués n’étaient pas suffisamment étayés.
Une interdiction préfectorale aussitôt contestée
La préfecture de police de Paris avait pris un arrêté d’interdiction visant un concert organisé par La France insoumise (LFI), prévu ce dimanche place de la République à l’occasion de la Fête de la musique. La décision était notamment motivée par la présence annoncée de la militante Assa Traoré ainsi que des rappeurs Médine, Soso Maness et 2L. Selon le préfet, ces invités risquaient d’attirer un public hostile aux forces de l’ordre et de favoriser la diffusion de propos haineux ou appelant à la violence envers les institutions.
Pour renforcer sa position, la préfecture avait notamment rappelé que Soso Maness avait interprété le titre Tout le monde déteste la police lors de la Fête de l’Humanité en 2021. Le risque d’affrontements entre groupuscules d’extrême droite et d’extrême gauche avait également été mis en avant. La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, avait soutenu cette démarche dès le jeudi, estimant que la préfecture était « dans son rôle » en relevant des risques liés à certains intervenants.
La justice rejette les arguments du préfet
Saisi en référé, le tribunal administratif de Paris a rendu sa décision ce vendredi, en faveur des organisateurs. Les magistrats ont rappelé un principe fondamental du droit des libertés publiques : l’interdiction d’une réunion ne peut être prononcée qu’en dernier recours, lorsqu’aucune autre mesure ne permet de prévenir les troubles.
Sur le fond, le tribunal a relevé que les organisateurs n’avaient finalement prévu ni la participation d’Assa Traoré, ni celle des rappeurs Médine et Soso Maness. Cet élément a sensiblement affaibli les arguments préfectoraux. Par ailleurs, les pièces versées au dossier par la préfecture n’ont pas convaincu les juges : aucun appel à une contre-manifestation n’avait été recensé, et les risques d’affrontements entre groupes politiques antagonistes n’étaient pas démontrés de manière suffisante.
Un rappel du droit à la liberté de réunion
Cette décision s’inscrit dans une jurisprudence constante qui soumet les mesures d’interdiction à un contrôle strict de proportionnalité. Le tribunal a conclu que les éléments produits par la préfecture ne permettaient pas de justifier une atteinte aussi grave à la liberté de réunion. Le concert de LFI se tiendra donc bien place de la République ce dimanche, dans le cadre des festivités nationales de la Fête de la musique.
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