Le maire RN de Carcassonne, Christophe Barthès, filme lui-même le murage d’un squat. Une mise en scène politique qui relance sa guerre contre les squatteurs et les syndicats.

Le maire RN de Carcassonne mure un squat en vidéo et affiche sa ligne sécuritaire
Truelle en main, le maire de Carcassonne Christophe Barthès a posté sur ses réseaux sociaux une vidéo le montrant participer personnellement au murage d’un bâtiment qu’il qualifie de squat. Une mise en scène volontairement symbolique, qui s’inscrit dans une série d’actions musclées contre les squatteurs et plusieurs syndicats locaux depuis son élection.
Une vidéo qui ne laisse rien au hasard
Vêtu simplement, ciment à portée de main, l’édile applique lui-même le mortier sur un mur de parpaings obtruant l’entrée d’un local présenté comme occupé illégalement, relate Le JDD. La séquence se conclut sur une formule lapidaire, répétée comme un slogan : « La propriété privée, c’est sacré. À Carcassonne, les squatteurs, c’est terminé ! »
La vidéo, diffusée sur ses comptes personnels, illustre une ligne sécuritaire assumée dès le début de son mandat. Mais plusieurs zones d’ombre persistent : l’adresse exacte du bâtiment, l’identité des occupants et la durée de l’occupation n’ont pas été communiquées par la municipalité, malgré les sollicitations de la presse locale.
Un bras de fer engagé de longue date avec la CGT
Ce n’est pas la première fois que Christophe Barthès utilise la question des locaux occupés à des fins de communication politique. Début juin, il avait déjà annoncé avoir fait constater par un commissaire de justice la présence de la CGT dans des locaux municipaux de la Bourse du travail, réclamant leur restitution immédiate. Le syndicat, selon la mairie, se maintenait dans les lieux malgré une demande officielle de départ.
Quelques semaines plus tôt, lors du conseil municipal du 30 avril, le maire avait annoncé la fin de plusieurs avantages consentis à diverses organisations syndicales — CGT, CFDT, Sud Solidaires, FSU — estimant que certaines d’entre elles avaient activement milité contre lui lors de la campagne électorale tout en profitant de moyens municipaux. Il avait notamment mis en cause la mise à disposition gratuite de locaux de « plusieurs centaines de mètres carrés », exigeant leur restitution dans les meilleurs délais.
Les syndicats réclament l’intervention du juge
Face à ces méthodes, les syndicats concernés ne restent pas silencieux. Sophie Trochet, secrétaire générale de l’Union départementale CGT de l’Aude, a réaffirmé la position du syndicat : privilégier la voie judiciaire plutôt que les actions d’expulsion directes. « Nous, on veut que le maire saisisse la justice et la décision d’un juge », a-t-elle déclaré, soulignant que la légalité des procédures doit primer sur l’affichage politique.
Le rapport de force entre la mairie RN de Carcassonne et les organisations syndicales locales est donc loin d’être clos. Entre vidéos militantes et procédures administratives contestées, Christophe Barthès semble avoir fait de la lutte contre les occupations illicites l’un des marqueurs forts de son mandat — quitte à alimenter une controverse durable sur ses méthodes.
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