À Béziers, quatre hommes ont séquestré un individu dans un coffre après un vol de moto repéré sur Snapchat. Le tribunal a rendu son verdict.

Béziers : il traque le voleur de sa moto sur Snapchat et finit par l’enfermer dans un coffre — cinq condamnés
Un différend autour du vol d’une moto a dégénéré en enlèvement et séquestration en pleine rue, à Béziers. Quatre adultes et un mineur viennent d’être condamnés par la justice héraultaise pour des faits qui avaient choqué par leur brutalité et leur mise en scène, filmée et commentée sur les réseaux sociaux.
Une dispute devant la caserne, un homme dans le coffre
Le 17 avril 2024, en début de soirée, les pompiers de garde à la caserne de Béziers ont été témoins d’une scène particulièrement violente, rappelle Le Midi libre. Peu après 21 heures, une altercation entre plusieurs individus éclate devant le Centre de secours. Rapidement, les tensions physiques s’intensifient : un homme est maîtrisé de force par le groupe, puis enfermé dans le coffre d’un véhicule qui démarre aussitôt. Deux voitures et un motard escortent le convoi improvisé.
Les policiers, alertés en urgence, investissent rapidement les lieux et procèdent aux premières constatations. L’exploitation des images de vidéosurveillance de la ville permet d’identifier le véhicule impliqué et son propriétaire en un temps record. Un élément inattendu va ensuite faire basculer l’enquête dans une nouvelle direction.
La piste Snapchat : une vengeance annoncée en direct
Parallèlement aux investigations, un policier municipal signale avoir repéré, sur un groupe Snapchat, un message particulièrement explicite. Son auteur y exprimait sa colère après le vol de sa moto cross, menaçant publiquement le voleur présumé : une formulation sans équivoque, diffusée à l’ensemble de ses contacts. Le soir même des faits, un second message triomphant confirmait que la moto avait été retrouvée.
Ces publications permettent d’identifier rapidement l’instigateur du groupe, mais aussi la victime présumée du vol initial : un mineur, retrouvé le lendemain avec une blessure à la tête. En l’espace de quelques jours, l’ensemble des protagonistes est localisé, convoqué et placé en garde à vue. Une dizaine de personnes sont entendues. Tous invoquent, à des degrés divers, la légitime indignation face au vol de la moto du plus jeune membre du groupe. Deux ou trois individus, pourtant formellement reconnus sur les images de surveillance devant la caserne, n’ont jamais pu être formellement identifiés.
Des peines de sursis pour l’ensemble des condamnés
Le tribunal correctionnel de Béziers a rendu son jugement le 18 juin 2026. Sur les cinq adultes poursuivis, deux ont été partiellement relaxés du chef de séquestration. L’un d’entre eux a néanmoins été reconnu coupable de violences et condamné à dix mois de prison avec sursis. Les trois autres, jugés coupables de l’ensemble des infractions retenues, ont écopé de quinze mois de prison avec sursis. Quant au mineur impliqué dans l’affaire, il avait été jugé séparément, devant le tribunal pour enfants, début juin : il a été condamné à un an d’emprisonnement avec sursis.
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