Un enseignant des Alpes-Maritimes visé par une information judiciaire pour viols sur des élèves de maternelle, après un premier classement sans suite contesté par les familles.

Alpes-Maritimes : un enseignant de maternelle visé par une information judiciaire pour viols sur des élèves
Une affaire classée sans suite par le parquet de Grasse revient devant la justice. Un juge d’instruction a été saisi après que des parents ont déposé une plainte avec constitution de partie civile, relançant les soupçons de viols pesant sur un enseignant de Saint-Laurent-du-Var.
Une procédure judiciaire relancée par les familles
Le parquet de Grasse a confirmé l’ouverture d’une information judiciaire visant un enseignant des Alpes-Maritimes, soupçonné de viols sur des enfants scolarisés en moyenne section de maternelle. Cette nouvelle étape judiciaire fait suite au dépôt d’une plainte avec constitution de partie civile par des parents d’élèves, déterminés à obtenir des investigations plus approfondies, relate 20 Minutes.
Cette décision marque un tournant dans une affaire particulièrement délicate. Quelques mois auparavant, le procureur Éric Camous avait prononcé un classement sans suite, estimant qu’aucun élément tangible ne permettait d’étayer les accusations portées à la connaissance de la justice à l’issue de la première enquête.
Des enfants entendus, des parents en colère
Tout commence par des déclarations d’enfants. Deux élèves de l’école de Saint-Laurent-du-Var avaient rapporté des gestes déplacés de la part de leur enseignant. Des propos fragmentaires, formulés avec les mots d’enfants en bas âge, difficiles à recueillir et à exploiter dans le cadre d’une procédure judiciaire.
Lors d’une conférence de presse tenue mardi, plusieurs familles ont pris la parole publiquement pour contester les conditions dans lesquelles la première enquête avait été conduite. Certains parents ont qualifié ces investigations de « bâclées », dénonçant notamment les auditions réalisées selon eux trop rapidement, sans préparation adaptée à l’âge des enfants. L’un d’eux a indiqué que son enfant, mal mis en confiance, n’avait finalement répondu que par un « je sais plus » aux enquêteurs.
Une enquête initiale jugée insuffisante
Le parquet avait justifié son classement sans suite par la fragilité des éléments recueillis. Les déclarations des enfants avaient été qualifiées de « propos difficilement formulés », certains éléments comme le lieu supposé des faits étant demeurés impossibles à contextualiser. L’un des jeunes témoins avait même affirmé, lors de son audition, que rien ne s’était passé.
De son côté, l’enseignant avait toujours nié les faits, exprimant selon le parquet une « totale incompréhension » face à des accusations qu’il contestait avec force. En poste depuis plus de dix ans dans l’établissement, il ne faisait l’objet d’aucun antécédent disciplinaire ni d’aucun signalement.
Suspension, réintégration et nouvelles plaintes
À la suite des premières accusations, l’enseignant avait été suspendu à titre conservatoire. Une réunion organisée avec les familles avait ensuite conduit au dépôt de deux plaintes supplémentaires, concernant d’autres enfants. Après le classement sans suite, il avait été réintégré dans l’Éducation nationale, mais affecté à un poste administratif sans contact direct avec des élèves.
Les parents qui portent aujourd’hui l’affaire devant un juge d’instruction mettent en avant de nouveaux éléments. Plusieurs enfants, suivis dans un service de psychologie hospitalière, auraient fait l’objet d’attestations médicales faisant état de symptômes pouvant être compatibles avec un vécu traumatique similaire à celui décrit dans les plaintes.
Un juge d’instruction désormais aux commandes
L’ouverture d’une information judiciaire confie désormais le dossier à un juge d’instruction indépendant du parquet, disposant de pouvoirs d’investigation élargis. Il pourra ordonner des expertises, procéder à de nouvelles auditions dans des conditions adaptées à l’âge des victimes présumées, et confronter l’ensemble des éléments du dossier.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte national de vigilance accrue concernant les violences sexuelles commises sur des mineurs en milieu scolaire, et pose une nouvelle fois la question des protocoles d’audition des très jeunes enfants dans le cadre judiciaire.
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