Enceinte de 7 mois et incarcérée à Orléans-Saran, une femme porte plainte après la rupture de sa poche des eaux. Elle dénonce des soins insuffisants et des violences psychologiques.

Prison d’Orléans-Saran : une détenue enceinte porte plainte, dénonçant un risque vital pour elle et son enfant à naître
Incarcérée provisoirement au centre pénitentiaire d’Orléans-Saran, une femme de 37 ans, enceinte de sept mois, a saisi la justice après la rupture de sa poche des eaux. Son avocate dénonce un retard de prise en charge, des conditions d’hébergement indignes et des violences psychologiques de la part de membres du personnel pénitentiaire. Une demande de mise en liberté doit prochainement être examinée.
Une situation médicale jugée critique
Mise en examen dans le cadre d’une instruction conduite à Marseille pour des faits de blanchiment aggravé et de travail dissimulé, Sarah B. a été transférée en détention provisoire au centre pénitentiaire d’Orléans-Saran en janvier dernier. Enceinte de son quatrième enfant, elle a vu sa poche des eaux se rompre dans la nuit du 19 au 20 juin, relate BFMTV.
Son avocate, Me Menya Arab-Tigrine, a transmis une plainte au parquet d’Orléans dans laquelle elle formule une mise en garde sans détour : l’état médical de sa cliente ferait courir un risque de décès à la mère comme à l’enfant à naître.
Un transfert hospitalier jugé trop tardif
Selon la plainte, la rupture de la poche des eaux imposait une prise en charge hospitalière immédiate. Or, le transfert vers le CHU d’Orléans n’aurait été effectué qu’avec un retard significatif. Une source pénitentiaire, contactée dans le cadre de ce dossier, indique pour sa part que l’extraction s’est déroulée dans des délais habituels, tout en reconnaissant que le profil de la détenue nécessitait un dispositif d’escorte renforcé, ce qui allonge mécaniquement la durée d’intervention.
Arrivée à l’hôpital, la situation ne se serait pas améliorée. La femme affirme avoir été placée pendant six heures dans une pièce exiguë, dépourvue de fenêtre et présentant des conditions sanitaires déplorables. Craignant une infection, elle aurait finalement demandé à quitter l’établissement hospitalier de son propre chef, avant de rejoindre à nouveau sa cellule.
Un historique obstétrical à hauts risques ignoré ?
La plainte souligne que les trois grossesses précédentes de Sarah B. ont chacune été marquées par des complications médicales. Cette vulnérabilité était connue de l’administration pénitentiaire, selon le document juridique. Son avocate réclame en conséquence une hospitalisation sans délai et un accouchement dans un service hospitalier adapté à sa situation.
Une source pénitentiaire rappelle de son côté que seuls les soignants sont habilités à décider d’une hospitalisation et que la détenue bénéficie d’un suivi médical adapté à son état de grossesse.
Les infractions potentiellement visées dans la plainte sont celles de mise en danger de la vie d’autrui et d’omission de porter secours.
Des violences psychologiques également dénoncées
Au-delà des manquements médicaux allégués, la plainte met en cause plusieurs membres du personnel pénitentiaire pour des faits de violences psychologiques. La détenue rapporte que des agents lui auraient déclaré qu’elle accoucherait seule dans sa cellule et qu’elle ne garderait pas son enfant. Elle leur reproche également d’avoir assisté à ses examens gynécologiques.
La canicule, un facteur aggravant
Dans un contexte de canicule, l’avocate de Sarah B. interpelle également les autorités sur les conditions matérielles de détention. Enfermée dans une cellule d’environ neuf mètres carrés, sans climatisation, sa cliente serait exposée à des températures extrêmes augmentant sensiblement les risques infectieux, déjà préoccupants depuis la fissure de la poche des eaux.
« Les vies de ma cliente et de son bébé sont en danger immédiat. Ce n’est pas une mesure de confort, c’est simplement leur permettre d’échapper à la mort », a déclaré Me Arab-Tigrine.
Une audience de mise en liberté attendue
Le parquet de Marseille, en charge de l’instruction pour laquelle Sarah B. est mise en examen, a refusé tout commentaire sur l’état de santé de la jeune femme, invoquant le secret médical. La juridiction a néanmoins confirmé qu’une audience sur la demande de mise en liberté provisoire de la détenue sera prochainement organisée.
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