L’homme mis en examen pour la tentative de meurtre sur le maire de Villeneuve-de-Marc a été remis en liberté par la cour d’appel de Grenoble. Les victimes s’inquiètent.

L’agresseur présumé du maire de Villeneuve-de-Marc remis en liberté : les victimes dans la crainte
Mis en examen pour tentative de meurtre depuis l’été 2025, l’homme qui avait grièvement blessé le maire de Villeneuve-de-Marc et son fils a été libéré vendredi par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Grenoble. Une décision vivement contestée par l’avocat des victimes.
Une libération prononcée par la cour d’appel de Grenoble
Près d’un an après les faits, la justice a tranché en faveur de la défense. La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Grenoble a ordonné, ce vendredi, la remise en liberté de cet homme d’une soixantaine d’années, placé en détention provisoire depuis l’été 2025, relate Ici Isère. C’est son équipe de défense qui avait déposé une nouvelle demande de libération en fin de semaine, aboutissant à cette décision judiciaire.
Le mis en examen avait été incarcéré à la suite d’une agression particulièrement violente survenue le 6 août 2025. Ce jour-là, Gilles Dussault, alors maire du village de Villeneuve-de-Marc en Nord-Isère, ainsi que son fils, avaient été attaqués et grièvement blessés. L’affaire avait provoqué une onde de choc dans toute la France, tant par sa violence que par la qualité de la victime principale — un élu de la République agressé dans sa commune.
Un contrôle judiciaire qui suscite l’inquiétude
Désormais libre, le suspect est soumis à un contrôle judiciaire. Sa résidence est fixée chez un membre de sa famille en Haute-Savoie. Il bénéficie d’autorisations de déplacement encadrées : de 8h à 11h et de 15h à 18h chaque jour. Des plages horaires qui, selon l’avocat des victimes, laissent une marge de manœuvre inquiétante.
L’avocat des victimes dénonce une décision dangereuse
Maître Sébastien Soy, qui défend les intérêts de Gilles Dussault et de son fils, n’a pas caché son indignation. Pour lui, plusieurs éléments du dossier laissent craindre un passage à l’acte renouvelé. Il souligne notamment que les horaires de sortie autorisés permettraient techniquement au mis en examen de rejoindre Villeneuve-de-Marc depuis la Haute-Savoie sans difficulté majeure.
L’avocat résume ainsi la situation : ses clients se sentent en danger, et c’est précisément ce sentiment d’insécurité des victimes qu’il juge inacceptable dans un État de droit. Pour Maître Soy, une personne mise en examen pour tentative de meurtre et considérée comme potentiellement dangereuse ne devrait pas bénéficier de conditions de liberté qui permettent de revenir à proximité des victimes.
Une affaire qui relance le débat sur la protection des élus
Ce dossier s’inscrit dans un contexte plus large de violences contre les élus locaux, sujet devenu récurrent dans le débat public français. L’agression du maire de Villeneuve-de-Marc avait frappé les esprits en 2025, rappelant la vulnérabilité des représentants de proximité face à certains administrés. La remise en liberté du suspect relance aujourd’hui la question de l’équilibre entre les droits de la défense et la protection effective des victimes, en particulier lorsque la menace est jugée réelle par les parties civiles.
L’affaire devrait continuer à suivre son cours judiciaire, avec un procès à venir sur le fond pour l’accusé, toujours mis en examen pour tentative de meurtre.
(Merci Rudy van Cappellen)
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