Un policier hors service a été placé en garde à vue après un violent différend avec des bénévoles de l’association Li’llah lors d’une maraude à Paris.

Paris : un policier hors service interpellé après un violent différend avec des bénévoles d’une association musulmane
Un fonctionnaire de police a été placé en garde à vue après une altercation avec des membres de l’association Li’llah lors d’une maraude dans le centre de Paris, mercredi soir. Le parquet confirme l’utilisation d’une barre de fer. Les victimes, qui décrivent des propos racistes et islamophobes, ont déposé plainte.
Une maraude tourne à l’affrontement dans le 1er arrondissement
Mercredi soir, impasse Saint-Eustache, dans le 1er arrondissement de Paris, une scène de violence éclate entre deux groupes aux motivations radicalement opposées, relate Le Parisien. D’un côté, des bénévoles de l’association Li’llah, active dans l’aide aux personnes sans abri. De l’autre, un groupe de policiers hors service réunis chez leur aumônier à l’occasion d’une soirée entre membres d’une association à caractère confessionnel.
Selon les éléments transmis par le parquet de Paris, c’est une prière musulmane pratiquée dans la rue par les maraudeurs qui aurait mis le feu aux poudres. Les policiers présents auraient déclaré s’en être agacés et avoir demandé aux bénévoles d’y mettre fin. La situation dégénère rapidement en altercation physique.
Des coups, une barre de fer et des propos qualifiés de racistes par les victimes
Le récit des victimes est précis et circonstancié. Des membres du groupe hors service auraient quitté l’appartement pour descendre dans la rue, invoquant leur qualité de policiers. S’ensuivent des coups portés aux bénévoles ainsi que l’arrachage du voile d’une femme présente. Selon l’association Li’llah, des insultes à caractère raciste et islamophobe ont également été proférées — des qualifications que le parquet ne confirme pas à ce stade de l’enquête.
L’un des protagonistes est décrit comme ayant utilisé une barre de fer pour frapper plusieurs personnes. Des images de vidéosurveillance, dont l’exploitation a été confirmée par le parquet, corroboreraient cette version : elles montreraient un homme tenant cet objet et s’en prenant physiquement à des membres du groupe de maraudeurs. Des vidéos ont également circulé sur les réseaux sociaux.
Un policier de Sarcelles en garde à vue, l’IGPN non saisie
Le fonctionnaire identifié comme ayant utilisé la barre de fer a été interpellé et placé en garde à vue. Il est affecté au commissariat de Sarcelles, dans le Val-d’Oise. Le parquet précise qu’il n’était pas sous l’emprise de l’alcool au moment des faits et qu’il a déclaré avoir voulu s’interposer entre les deux groupes pour mettre fin à l’altercation.
Sa garde à vue a été levée afin de poursuivre les investigations : recueil de témoignages supplémentaires et exploitation complète des vidéos disponibles. Une enquête préliminaire est en cours. La préfecture de police de Paris n’a pas répondu aux demandes de réaction à ce stade.
Trois bénévoles hospitalisés, plusieurs jours d’ITT
Les conséquences physiques pour les victimes seraient relativement significatives. L’association Li’llah indique que trois de ses membres ont dû être pris en charge à l’hôpital. Le parquet confirme que les blessures constatées ont entraîné plusieurs jours d’incapacité totale de travail (ITT). L’un des blessés présentait notamment des lésions au cou et aux genoux, et ses vêtements avaient été déchirés lors de l’agression.
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