Jeudi soir à Montbéliard, une opération anti-rodéos tourne à l’affrontement : une centaine d’individus s’en prennent aux policiers. Deux motos saisies, zéro interpellation.

Montbéliard : une nuit de rodéos urbains vire à l’affrontement, la police caillassée par une centaine d’individus
Jeudi soir dans le quartier de la Petite Hollande à Montbéliard, une opération de police ciblant les rodéos urbains a rapidement dégénéré. Face à des dizaines d’individus hostiles lançant des projectiles sur les forces de l’ordre, les policiers ont dû manœuvrer avec sang-froid. Bilan : deux motos saisies, aucune arrestation, mais une enquête ouverte grâce à la vidéosurveillance.
Une opération préparée face aux rodéos récurrents
Depuis plusieurs semaines, les habitants du secteur multipliaient les signalements auprès des autorités, excédés par les rodéos de motos qui envahissent les quartiers. En réponse, les services de police ont organisé un dispositif spécifique ce jeudi en fin d’après-midi, renforcé par des motards venus de Besançon, relate L’Est Républicain.
La soirée débute à Valentigney, vers 18 h 20. Une motocross verte arborant le numéro 3, régulièrement signalée par les riverains, est repérée rue du Vernois. Les équipiers de la Brigade anti-criminalité (BAC) se lancent immédiatement à sa poursuite. Le pilote chute, tente de fuir à pied, mais abandonne son engin sur place. Premier acte.
Escalade à la Petite Hollande
Le second acte se joue quelques heures plus tard, sur un tout autre registre. Vers 20 h 30, le Centre de supervision urbain (CSU) détecte plusieurs motos évoluant en roue libre dans le quartier de la Petite Hollande. Parmi elles, un engin rouge dont le pilote circule sans casque ni protection, visage à découvert. Deux motards de la police se lancent à sa poursuite.
C’est alors qu’une foule hostile se forme avec une rapidité déconcertante. Une cinquantaine de personnes d’abord, puis une centaine selon les estimations du procureur de Montbéliard Paul-Édouard Lallois, se dressent physiquement face aux policiers. Des projectiles sont lancés en direction des agents. Le rapport de force, brutalement disproportionné, contraint les policiers à effectuer un repli stratégique.
La vidéosurveillance comme arme décisive
Ce recul tactique n’est pas une capitulation. Fort des images en temps réel transmises par le CSU, le dispositif se réorganise discrètement. Les caméras permettent de localiser le sous-sol où est remisée la moto rouge, désormais montée par un autre jeune — lui aussi sans casque. Les policiers investissent les lieux et saisissent l’engin, ainsi que la moto abandonnée à Valentigney en début de soirée, sous les yeux des protagonistes impuissants.
Aucune interpellation n’a été réalisée dans l’immédiat, mais le procureur Lallois se montre déterminé : les deux motos saisies « finiront en compression », et les images de vidéosurveillance doivent permettre d’identifier les pilotes pour engager des poursuites judiciaires.
Le procureur tire la sonnette d’alarme
Au lendemain de ces événements, Paul-Édouard Lallois n’a pas mâché ses mots pour décrire une situation préoccupante, aggravée selon lui par les conditions météorologiques caniculaires qui exacerbent les tensions dans les quartiers. La problématique des rodéos urbains dépasse désormais la simple infraction routière : elle cristallise un bras de fer ouvert entre une frange de la population et les forces de l’ordre.
Les autorités entendent poursuivre les opérations de contrôle, en s’appuyant toujours davantage sur les outils de vidéosurveillance pour contourner les situations de blocage physique et identifier les auteurs d’infractions a posteriori.
(Merci Yann Bourguignon)
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