Un ex-élu divers-gauche de Muret et un ancien candidat LFI condamnés à Toulouse pour propositions sexuelles à mineurs, piégés par une milice de justiciers.

Toulouse : un ancien élu divers-gauche de Muret et un ex-candidat LFI condamnés pour propositions sexuelles à des mineurs
Cinq hommes, dont deux anciennes figures politiques, ont été condamnés ce mardi 28 juillet 2026 par le tribunal correctionnel de Toulouse pour avoir proposé des relations sexuelles à des adolescents. Piégés durant l’été 2024 par un groupe de jeunes justiciers qui se faisaient passer pour des collégiens sur des applications de rencontres, les prévenus avaient d’abord été agressés physiquement avant que l’enquête ne se retourne contre eux. Retour sur une affaire où les frontières entre victimes et coupables se sont brutalement inversées.
Une audience marquée par les absences
Ce mardi, la salle d’audience toulousaine affiche deux bancs vides, relate La Dépêche. Sur les cinq prévenus jugés pour propositions sexuelles à un mineur de moins de 15 ans suivies d’une rencontre, seuls trois se sont présentés. Les deux hommes ayant occupé des fonctions politiques ont préféré ne pas comparaître, laissant le tribunal statuer en leur absence.
Laurent Fauré, ancien conseiller municipal divers-gauche de Muret, écope de deux ans de prison avec sursis et d’une inscription automatique au fichier des délinquants sexuels (Fijais). Tom Dubois-Robin, ex-candidat LFI de l’union de la gauche et figure des Gilets Jaunes dans les Pyrénées-Atlantiques, est condamné à 18 mois de prison avec sursis, une peine identique à celle prononcée contre les trois autres coprévenus, tous désormais fichés au Fijais.
Une milice de jeunes justiciers en embuscade
L’affaire démarre au début de l’été 2024 entre Muret et Seysses, en Haute-Garonne. Inspirés par des méthodes déjà observées à Nantes, plusieurs adolescents créent une sorte de ligue autoproclamée contre la pédophilie. Leur stratégie : créer de faux profils de collégiens de 14 ans sur des applications comme Grindr ou sur le site controversé Coco.gg, puis fixer des rendez-vous avec les hommes intéressés.
Une dizaine de guets-apens se succèdent en quelques semaines. À chaque rencontre, le scénario se répète : des jeunes cagoulés surgissent, frappent les hommes piégés, les insultent et filment la scène. Ce sont finalement les gendarmes de la brigade de recherches de Muret qui mettent un terme à ces agissements. Mais l’exploitation des téléphones saisis va faire basculer le dossier dans une tout autre direction.
Quand les victimes du guet-apens deviennent les accusés
En analysant les vidéos et les échanges numériques, les enquêteurs découvrent des conversations explicites qui ne laissent guère de place au doute sur les intentions des hommes piégés. Un proche du dossier évoque des discussions “d’une clarté redoutable”.
Laurent Fauré, 56 ans, avait tenté d’échapper aux coups en révélant son statut d’élu local. Écarté peu après de la majorité municipale, il avait continué à percevoir ses indemnités durant près d’un an avant d’être définitivement privé de ses délégations.
Tom Dubois-Robin, 34 ans, se trouvait de passage dans la région toulousaine. Malgré l’âge annoncé du faux collégien, il avait poursuivi les échanges, allant jusqu’à écrire : “J’ai peur, mais j’ai vraiment envie d’essayer.”
Une défense axée sur la traque déloyale
Lors du procès qui s’est tenu en juin, les avocats de la défense avaient tenté de recentrer les débats sur les méthodes employées par les jeunes justiciers. Me Antoine Tugas, conseil de l’ancien candidat basque, avait dénoncé un renversement des rôles où “la victime se retrouve prévenu, du jour au lendemain”.
Ces arguments n’ont toutefois pas suffi à écarter la gravité des faits reprochés. Le tribunal a tranché avec fermeté ce mardi, estimant que les intentions sexuelles envers des mineurs restaient caractérisées, quelles qu’aient été les circonstances de leur découverte. Pour les cinq hommes condamnés, la sanction judiciaire s’accompagne désormais d’une inscription durable au fichier national des délinquants sexuels.
Votre avis nous intéresse : rejoignez la communauté Police & Réalités et laissez un commentaire.
En savoir plus sur Police & Réalités
Subscribe to get the latest posts sent to your email.





