Un détenu accusait deux surveillants de la prison de Luynes de viol. Le parquet d’Aix-en-Provence classe la procédure : aucune infraction établie.

Prison de Luynes : la plainte pour viol visant des surveillants classée sans suite par le parquet
Un détenu du centre pénitentiaire de Luynes, près d’Aix-en-Provence, affirmait avoir été violé par deux surveillants en mai dernier. Après plusieurs mois d’investigations, le parquet d’Aix-en-Provence a annoncé le classement de la procédure, estimant que les accusations ne correspondaient à aucune réalité factuelle.
Une plainte déposée en mai 2026
Le 22 mai 2026, un détenu du centre pénitentiaire de Luynes déposait plainte, affirmant avoir été agressé sexuellement par deux surveillants de l’établissement dans une douche. Selon les éléments rendus publics et rapportés par France Info, le signalement des faits avait été transmis au parquet dès le 20 mai 2026, jour où les faits auraient été commis.
Dès le lendemain, soit le 21 mai, le parquet d’Aix-en-Provence saisissait le commissariat local pour ouvrir une enquête préliminaire des chefs de viol et d’agression sexuelle.
Des lésions constatées mais un contexte contesté
Le détenu avait été retrouvé inconscient dans sa cellule après avoir ingéré des anxiolytiques et des somnifères, avant d’être transporté aux urgences. Les examens médicaux avaient alors révélé une hémorragie au niveau de l’anus et du rectum, entraînant la délivrance de 18 jours d’incapacité totale de travail.
Le parquet confirme dans son communiqué du vendredi 11 septembre que des « lésions évocatrices » avaient bien été constatées médicalement sur la victime. Toutefois, les investigations menées, notamment l’exploitation des images de vidéosurveillance correspondant précisément au moment des faits dénoncés, ont conduit les enquêteurs à une conclusion sans ambiguïté.
Une procédure classée pour absence d’infraction
Selon le parquet, ces images établissent « sans contestation possible » que les accusations portées contre les surveillants ne correspondent à aucune réalité factuelle. Le communiqué précise que les lésions constatées sur la victime n’ont pas pu être causées dans le contexte dénoncé par le détenu à l’encontre des agents pénitentiaires.
En conséquence, aucune suite judiciaire n’a été donnée à cette plainte, classée au motif d’absence d’infraction. Les surveillants visés se trouvent ainsi définitivement mis hors de cause dans ce dossier.
Un établissement déjà sous le regard de la justice
Quelques jours avant cette décision, le centre pénitentiaire de Luynes avait déjà fait l’actualité pour un motif distinct. Le 8 septembre, le tribunal administratif de Marseille avait enjoint l’État à prendre une vingtaine de mesures afin de « prévenir tout risque de traitement dégradant » au sein de l’établissement.
Cette décision faisait suite à un recours déposé par un détenu souffrant d’hypertension artérielle et contraint de partager une cellule soit disant infestée de cafards avec plusieurs autres prisonniers. Le Syndicat des avocats de France et la section française de l’Observatoire international des prisons s’étaient associés à cette démarche.
(Merci Rudy van Cappellen)
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