Le chef d’état-major départemental de la police suspendu dans les Vosges après avoir montré des photos de cadavres à des stagiaires mineures. L’IGPN enquête.

Vosges : le chef d’état-major départemental de la police suspendu après avoir montré des photos de cadavres à des stagiaires mineures
Un haut responsable de la police nationale dans les Vosges a été suspendu de ses fonctions après avoir été mis en cause pour des faits jugés inappropriés envers de jeunes stagiaires. Selon les informations rapportées par Vosges Matin, l’officier aurait exposé des clichés de cadavres issus d’enquêtes judiciaires à des adolescentes de 15 ans venues effectuer un stage au sein du commissariat.
Des photos issues d’enquêtes judiciaires montrées à des mineures
D’après les éléments révélés par le quotidien régional, l’incident se serait déroulé durant un stage d’observation organisé au commissariat, un dispositif classique permettant à des collégiens ou lycéens de découvrir le fonctionnement des forces de l’ordre. C’est dans ce cadre que le chef d’état-major départemental aurait présenté à plusieurs stagiaires des photographies particulièrement choquantes, issues de dossiers criminels traités par les services de police.
Ces images, provenant de scènes de crime, montraient des corps sans vie. Leur diffusion à des mineures a immédiatement suscité l’indignation et déclenché une procédure disciplinaire et judiciaire.
Une infraction pénale clairement identifiée
Face à la gravité des faits, le commissaire général Antoine Bonillo a tenu à rappeler le cadre légal strict entourant ce type de contenu. « Cela constitue une infraction pénale puisque nous n’avons pas le droit de présenter à un mineur des photos ou tout support portant atteinte à la dignité humaine », a-t-il souligné.
Cette déclaration confirme que la diffusion de ces clichés ne relève pas d’une simple faute professionnelle, mais bien d’un acte pouvant tomber sous le coup de la loi pénale, en raison du caractère particulièrement sensible des images concernées et de la vulnérabilité du public visé.
Une enquête ouverte par l’IGPN pour corruption de mineurs
L’Inspection générale de la police nationale (IGPN), organe chargé de contrôler la déontologie des forces de l’ordre, a été saisie de l’affaire. Une enquête judiciaire a été formellement ouverte pour « tentative de corruption de mineurs », une qualification qui traduit la gravité des accusations portées contre le chef d’état-major.
Si les faits sont confirmés, l’officier encourt une peine pouvant aller jusqu’à trois ans d’emprisonnement, assortie d’une amende de 75 000 euros. Sa suspension immédiate témoigne de la volonté de la hiérarchie policière de traiter ce dossier avec la plus grande fermeté, dans l’attente des conclusions de l’enquête.
Une affaire qui interroge sur l’encadrement des stages en commissariat
Cet épisode relance le débat sur les protocoles encadrant les stages d’observation proposés aux jeunes dans les services de police. Ces dispositifs, censés favoriser la découverte des métiers de la sécurité, doivent s’accompagner de garde-fous stricts pour protéger les mineurs de tout contenu inadapté à leur âge.
L’enquête de l’IGPN devra déterminer les circonstances exactes de cette affaire et établir les responsabilités individuelles, tout en apportant des réponses sur les mesures qui pourraient être renforcées pour éviter que de tels faits ne se reproduisent.
(Merci Yann Bourguignon)
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