Chambéry: l’autopsie oriente vers un tir accidentel ou un suicide après un refus d’obtempérer. Le parquet écarte l’usage de l’arme des policiers.

Chambéry: l’autopsie écarte la piste du tir policier après la mort d’un homme après un refus d’obtempérer
Après le décès d’un automobiliste blessé par balle à l’issue d’un refus d’obtempérer, les résultats de l’autopsie orientent l’enquête vers un tir accidentel ou un geste volontaire de la victime. Cette affaire avait déclenché des violences urbaines inhabituelles dans la ville savoyarde.
Un tir à très courte distance
L’examen médico-légal, réalisé ce mercredi 9 septembre, apporte un éclairage déterminant sur les circonstances de la mort de cet homme, décédé après avoir été découvert grièvement blessé à la tête à la suite d’un refus d’obtempérer survenu dans la nuit de lundi à mardi.
Selon le communiqué du parquet, les médecins légistes concluent à un tir réalisé à très courte distance, à 50 centimètres maximum. Cet élément renforce l’hypothèse d’un geste auto-infligé, c’est-à-dire un suicide, ou d’un accident survenu pendant que la victime manipulait elle-même son arme.
Les policiers n’ont pas utilisé leur arme
Le procureur en charge du dossier précise un point capital pour l’enquête : la victime se trouvait seule dans son véhicule, à la fois au moment de son interpellation par les forces de l’ordre et lors de sa découverte, blessée à la tête. Les fonctionnaires de police intervenus lors du refus d’obtempérer n’ont pas fait usage de leur arme de service, écarte ainsi le communiqué.
Un pistolet de calibre 8 mm a par ailleurs été retrouvé sous le siège conducteur du véhicule. Des expertises balistiques complémentaires devront désormais établir si la balle extraite du crâne de la victime provient bien de cette arme, afin de confirmer définitivement ce scénario.
Un homme déjà connu de la justice
Le communiqué du parquet révèle également le profil judiciaire de la victime. L’homme comptait cinq condamnations à son casier judiciaire pour des faits commis entre 2017 et 2023, notamment pour refus d’obtempérer, infractions liées aux stupéfiants et port d’arme blanche.
L’enquête se poursuit afin de préciser les circonstances exactes du décès, à travers de nouvelles auditions et expertises techniques.
Des violences urbaines qui ont marqué la ville
Cette affaire a provoqué d’importantes violences urbaines dans plusieurs quartiers de Chambéry, particulièrement dans la nuit de lundi à mardi. Face à cette flambée de tensions, le maire de la commune a interpellé publiquement le ministre de l’Intérieur, dénonçant le manque de moyens des forces de l’ordre sur le terrain.
L’édile a notamment souligné la présence de seulement trois policiers nationaux au commissariat le soir des faits, la préfète ayant dû solliciter des renforts CRS basés à plus d’une heure et demie de route, à Lyon. Il a également dénoncé l’isolement des maires confrontés à ce type de violences urbaines.
La nuit suivante, de mardi à mercredi, s’est révélée nettement plus calme, avec quelques feux de poubelles et pétards isolés, sans incident majeur signalé.
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