
Ce dimanche 6 avril 2025, une opération antiterroriste a permis de déjouer un projet d’attentat à la ceinture explosive dans le Nord de la France.
Trois jeunes hommes, âgés de 19 à 24 ans, ont été interpellés par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et la Sous-direction antiterroriste (SDAT) alors qu’ils étaient en train de fabriquer un gilet explosif. Leur objectif : se faire exploser dans un lieu public pour causer un maximum de victimes, dans une démarche inspirée des attentats djihadistes les plus meurtriers, comme celui du Bataclan.
Une interpellation en urgence grâce à une dénonciation
L’enquête, menée sous l’égide du Parquet national antiterroriste (PNAT), a été déclenchée à la suite d’une dénonciation d’un proche, alarmé par la radicalisation et les préparatifs du trio. Les suspects, originaires de Dunkerque selon certaines sources, ont été arrêtés mercredi dernier avant d’être placés en garde à vue pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle » et « détention de substance ou produit incendiaire ou explosif en relation avec une entreprise terroriste ». Présentés ce dimanche à un juge antiterroriste à Paris, ils ont été mis en examen.
Les investigations ont révélé que le meneur du groupe, décrit comme « très radicalisé », avait rédigé un serment d’allégeance au groupe État islamique. Ce document, retrouvé lors des perquisitions, témoigne de l’adhésion idéologique des suspects à la mouvance djihadiste. Parmi les cibles envisagées figuraient la communauté juive, un foyer pour jeunes ou encore un établissement public dans la région du Nord, bien que le projet n’ait pas encore atteint un stade de planification précis.
Un laboratoire artisanal d’explosifs
Au domicile des suspects, les enquêteurs ont mis la main sur un véritable arsenal en cours de fabrication : acétone, eau oxygénée et acide sulfurique, des composants nécessaires à la confection de TATP, un explosif artisanal surnommé « la mère de Satan » en raison de sa puissance et de son instabilité. Ce mélange, souvent utilisé dans les attentats djihadistes, montre que le trio était déjà engagé dans une phase active de préparation. Selon les informations du Parisien, leur intention était d’imiter les kamikazes du Bataclan, visant à semer la terreur en frappant des « kouffars » (mécréants) dans un lieu fréquenté.
L’intervention rapide des forces de l’ordre, appuyée par une surveillance étroite et une coordination efficace entre la SDAT et la DGSI, a permis d’éviter une tragédie. « Fort heureusement, ce trio particulièrement inquiétant a été intercepté à temps », souligne une source proche de l’enquête citée par Le Parisien. La dénonciation d’un proche, craignant un passage à l’acte imminent, a été déterminante dans cette réussite.
Une menace persistante
Ce nouvel épisode illustre la persistance de la menace terroriste en France, plus de dix ans après les attentats de 2015. Les profils des suspects – jeunes, radicalisés et prêts à passer à l’acte – rappellent d’autres affaires récentes impliquant des individus souvent isolés ou agissant en petits groupes. Si les détails sur leur parcours restent encore flous, l’un d’eux était déjà connu des services de renseignement pour son basculement dans l’extrémisme islamiste.
Les autorités françaises restent en alerte maximale face à ce type de menace. Le démantèlement de ce projet d’attentat intervient dans un contexte où les services antiterroristes multiplient les opérations pour contrer les velléités d’actions violentes inspirées par des groupes comme l’État islamique, malgré l’affaiblissement territorial de ce dernier.
Réactions et suites judiciaires
L’annonce de cette interpellation a suscité un vif émoi dans la région du Nord, où les habitants oscillent entre soulagement et inquiétude. Les suspects, désormais sous le coup d’une mise en examen, risquent de lourdes peines s’ils sont reconnus coupables. L’enquête se poursuit pour déterminer d’éventuelles complicités ou ramifications, tandis que les forces de l’ordre continuent d’analyser les éléments saisis, notamment les supports numériques, afin de retracer le processus de radicalisation et les contacts éventuels des trois jeunes hommes.
Ce coup de filet rappelle une fois encore l’importance de la vigilance collective et du travail des services de renseignement dans la lutte contre le terrorisme. En attendant les développements judiciaires, la France retient son souffle, consciente que la menace, bien que contenue cette fois, reste omniprésente.
(Merci Rudy van Cappellen)
Source : Le Parisien
Source : Le Figaro
Source : RTL
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