À Ouistreham, un Albanais soupçonné d’être un acteur majeur d’un vaste trafic de cocaïne a été remis en liberté après une erreur de procédure. Les enquêteurs redoutent désormais sa disparition.

Une libération qui fait scandale
Coup dur pour la justice et les services antidrogue. Selon les informations du Parisien, la chambre criminelle de la Cour de cassation a ordonné fin juillet la remise en liberté d’Orlando G., un Albanais de 27 ans suspecté d’avoir joué un rôle central dans une gigantesque importation de cocaïne par voie maritime.
Arrêté en avril dernier à bord d’un chalutier normand chargé de ballots de drogue, il n’a passé que trois mois derrière les barreaux avant d’être relâché, placé sous contrôle judiciaire.
Une opération coup de filet réussie
L’affaire débute le 2 avril 2025 après près de deux ans d’investigations. Les enquêteurs de la PJ de Caen surveillent de près le Lucky, un chalutier basé à Ouistreham (Calvados). Cette nuit-là , pas de pêche à la coquille Saint-Jacques, mais une mission bien plus lucrative : récupérer en mer des ballots de cocaïne largués par l’Omicron, un cargo venu d’Amérique du Sud.
Au total, 630 kg de cocaïne, d’une valeur estimée à plus de 40 millions d’euros, sont chargés. La marchandise est ensuite transbordée sur une vedette rapide en direction de Tancarville (Seine-Maritime). Mais les policiers interceptent l’embarcation à une écluse. Trois hommes sont arrêtés sur-le-champ, dont Orlando G.
Dans les heures qui suivent, plusieurs autres marins, dont deux pêcheurs normands et des Philippins, sont interpellés. Douze personnes seront mises en examen à Rennes.
Une faille procédurale fatale
Malgré ce succès, la procédure s’effondre partiellement. Le juge d’instruction avait justifié la détention d’Orlando G. en s’appuyant sur un enregistrement réalisé à bord du Lucky. Or, cette sonorisation n’était pas encore intégrée officiellement au dossier.
Cette irrégularité a conduit la Cour de cassation à annuler sa détention provisoire. L’homme, qui avait gardé le silence en garde à vue, se retrouve désormais libre.
Un rôle clé dans le trafic
Pourtant, les enquêteurs voient en Orlando G. un rouage central du trafic. Les écoutes prouvent qu’il était en lien direct avec un autre Albanais à terre, lui-même connecté au cargo. Il pouvait ainsi donner des instructions pour ajuster la vitesse du bateau-mère et coordonner le largage.
Un document judiciaire indique qu’il agissait comme « représentant des affréteurs de la marchandise », bénéficiant de la confiance de l’organisation criminelle.
La mafia albanaise en toile de fond
Cette affaire illustre une tendance inquiétante : l’implication croissante des réseaux originaires des Balkans dans le narcotrafic maritime.
Selon Europol, ces organisations contrôlent près de la moitié des importations de cocaïne arrivant par voie maritime en Europe. En France, elles sont particulièrement actives dans les ports, où elles récupèrent les cargaisons issues d’Amérique du Sud.
Une inquiétude persistante
Si son avocat souligne qu’il respecte les obligations de son contrôle judiciaire, policiers et magistrats redoutent désormais qu’Orlando G. ne disparaisse dans la nature.
« C’est un acteur majeur, et il détient certainement des secrets clés sur les réseaux albanais », confie un proche du dossier.
(Merci Patrick)
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